Expedition Around North America

Volet scientifique
de l'expedition

ENTREE EN MATIERE par Michel Janssens

Expedition Around North America
Editorial d'Olivier Pitras
Expedition
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Bien sûr, le soupçon à propos du réchauffement climatique n’est pas suspendu aux tribulations de deux plantigrades ni n’a eu besoin de les attendre pour se manifester. Le thermomètre (entendre la multitude des relevés de température dans tous les points du globe et dans la durée) en premier, avec la fonte des glaces (neiges... éternelles !), ici et là, ont éveillé l’attention. Quoi de plus frappant les consciences pour “ constater ” le réchauffement climatique que le voyage d’un ministre de l’environnement et de sa suite pléthorique au Groenland, devant le glacier marin “ le plus actif au monde ” qui avance de 19 mètres par jour ? Hélas, ce constat ô combien nécessaire est obtenu à coup de voyage aérien “ sale ” en émission de gaz à effet de serre...

A côté des mesures physiques variées (débits, vitesse, concentrations etc.), bon nombre d’observations dans le monde vivant tambourinent un message d’alerte. Telle prolifération voyante de méduses prédit un océan de cauchemar en passant parfois sous silence que des signalements analogues antérieurs à notre interrogation sur l’évolution du climat furent autrefois recensées. Un seul phénomène n’est pas convaincant. La végétation tempérée se met à escalader les pentes à la recherche de fraîcheur. L’ascension moyenne des espèces étudiées atteint 65 mètres depuis 1970. Insectes et microbes, trop peu visibles, sont ignorés tant qu’un vecteur de maladie tropicale ou qu’une peste des récoltes encore inconnue ne s’exprime pas bruyamment. La raréfaction ou le décalage saisonnier d’insectes entraîne celui d’oiseaux qui sont des marqueurs plus voyants. Leur comportement ne s’inspire pas d’un film de suspense célèbre. Les oiseaux de mer désertent simplement leurs lieux de nidification sur les côtes françaises par manque de nourriture. Les poissons dont ils se nourrissaient ont quitté des eaux désormais trop chaudes pour eux. Il a suffi d’un degré d’augmentation. Ailleurs, des espèces ont déplacé leur résidence de 124 km vers le nord, soit plus d’un degré, de latitude cette fois.
Les deux ours islandais ont beau avoir l’air de contredire la tendance, il se constitue un faisceau d’indices convergents. Les observations les plus criantes étayent la théorie de la mutation rapide et de l’adaptation ou de la disparition face au changement de conditions du milieu.