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Escale à Ilulissat
(Baie de Disko, Groenland)
(12 juillet - 23 juillet 2008)
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23 juillet 2008
(heure de bord = TU - 2)
Ilulissat, 23h20 heure locale
Les deux derniers membres du nouvel équipage sont arrivés. Nous serons 9 à bord pour la prochaine étape. Emilie qui arrive directement de Ny Ålesund, au Spitsberg, nous apprend que les travaux scientifiques
qu'elle mènera à bord pendant les six prochaines semaines ont été
validées par le comité de l'Année Polaire Internationale. L'expédition
porte donc désormais officiellement le label "Année Polaire
Internationale" pour la section norvégienne. En début d'après midi, un
glaçon de 10 mètres par 20 environ dérive doucement mais surement dans
le port et vient boucher l'étroit passage qu'il existe entre les deux
bassins. Un pêcheur s'attèle à la tâche et entreprend de repousser
l'intrus. Sa barque est minuscule en comparaison des mille tonnes de
glace. Toutefois, après un long moment sans aucun mouvement, l'engin
s'ébranle et commence à bouger, c'est gagné, le bassin des petits
bateaux est libre. La matinée avait commencé par un contrôle complet du
mât jusqu'au sommet et l'après midi s'achève par une séance de plonger
pour aller vérifier jusque sous la quille. L'eau est à 0,5°C. Une fois
dans l'eau, une valve du détendeur nous pose un problème. Nous décidons
de ne pas pousser plus loin l'expérience qui pourrait devenir
dangereuse.
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22 juillet 2008
(heure de bord = TU - 2)
Ilulissat, 23h00 heure locale
Les premiers prélèvements de sédiments ont démarré à l'ouvert du fjord
des glaces. Le reste de l'équipe s'active sur les derniers préparatifs.
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21 juillet 2008
(heure de bord = TU - 2)
Ilulissat, 23h00 heure locale
Journée de maintenance et préparation
du départ.
Nous suivons de prêt la débâcle en baie de Baffin.
Un coup de vent prévu à 48 heures devrait aider à la
dislocation des zones de glaces encore compactes.
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20 juillet 2008
(heure de bord = TU - 2)
Ilulissat, 23h45 heure locale
Le ciel est couvert aujourd'hui, il y a longtemps que
cela n'était plus arrivé.
Un peu avant midi, deux équipiers de la nouvelle équipe
nous rejoignent. Pierre arrive avec du matériel de mesure. Enseignant,
il est l'initiateur d'un groupe d'étude qui regroupe une vingtaine
d'étudiants du département de chimie de l'IUT de Marseille.
Le programme consiste à analyser les sédiments pour la
recherche de traces d'hydrocarbures et à analyser l'eau pour
la recherche de pesticides tout en déterminant le PH, la conductivité,
la salinité, l'oxygène dissous et la température.
Nous prenons le temps d'aller nous dégourdir les jambes sur le
chemin qui longe le nord du fjord des glaces. L'eau est d'un
calme absolu, les icebergs s'y reflètent pour le plus grand plaisir
des yeux.
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19 juillet 2008
(heure de bord = TU - 2)
Ilulissat, 23h20 heure locale
Journée de relâche, chacun vaque a ses
occupations dans la matinée et en début d'après
midi mais insensiblement la détente prend le pas sur le travail.
Chose étonnante, l'activité préférée
malgré un soleil radieux reste la lecture dans le carré ou
dans la bannette. Chacun est plongé dans la lecture d'un bouquin
sur les expéditions polaires. La controverse entre Peary et Cook
sur la découverte du pôle Nord et l'histoire générale
de la découverte du passage du Nord-Ouest sont au centre des
discussions.
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18 juillet 2008
(heure de bord = TU - 2)
Ilulissat, 23h15 heure locale
Nous partons dès le matin rencontrer deux glaciologues
de passage à Ilulissat. Apparemment toute la petite communauté des
glaciologues se sont donnés rendez-vous ici. Le glacier Jacobshavn
est décidemment le glacier le plus en vue à l'heure actuelle.
Le rendez-vous est très amical, Slavek (Earth Sciences Professor
at the University of California, Santa Cruz) et Ian (Assistant Professor
at the Byrd Polar Research Center, University of Ohio) nous livrent
leurs doutes mais également leurs certitudes. Les données
et mesures prises sur le glacier sont très récentes et
il est difficile pour eux d'affirmer quoi que se soit si ce n'est que
la fonte s'accélère au-delà des prévisions.
Le changement climatique est un phénomène très
complexe difficile à mettre en équation et à modéliser.
En fin d'après midi, nous avons rendez-vous avec Mary Miller
de l'Exploratorium (Museum of science, art and human perception) de
San Francisco. Mary grâce à une subvention de l'US Science
Foundation, mène pour le compte du musée une enquête
de terrain sur différents aspects du changement climatique.
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17 juillet 2008
(heure de bord = TU - 2)
Ilulissat, 22h00 heure locale
Aujourd'hui, le bateau est vide, seuls les permanents
restent à bord.
Les séparations sont difficiles après tous ces moments
forts passés ensemble. Nous nous appliquons à mettre KO
nos listes.
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16 juillet 2008
(heure de bord = TU - 2)
Ilulissat, 23h20 heure locale
Aujourd'hui nous restons à bord. Il y a beaucoup à faire
pour préparer la prochaine étape, notamment au niveau
logistique. Écriture, tri des photos, des K7, mise en place des
prochains rendez-vous, nettoyage, entretien, repérage pour le
gaz, l'eau, le fuel, l'essence et l'avitaillement sont au programme.
Nous en profitons également pour travailler sur les compressions
des cartes des glaces que nous utiliserons pour la traversée
de la baie de Baffin et le passage du Nord-Ouest. Il n'y a pas de quoi
chaumer. Il en sera ainsi probablement jusqu'à vendredi. Le grand
beau temps ne nous lâche pas, jour après jour.
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15 juillet 2008
(heure de bord = TU - 2)
Ilulissat, 23h30 heure locale
Dans la matinée nous appareillons pour une navigation parmi
les icebergs échoués à la sortie du fjord. Malgré le
spectacle fascinant qu'ils nous offrent, nous ne perdons pas de vue
qu'à chaque instant un pan peut se décrocher. Nous sommes à deux
cent mètres de l'un d'eux quand une explosion soudaine nous prévient.
Tout le coté de l'iceberg se brise et s'enfonce verticalement
dans les eaux du fjord comme un immeuble qui s'effondre sur lui-même.
La vague est grosse mais nous sommes à distance de sécurité,
la déferlante se calme avant de nous atteindre. En un clin d'œil,
toute la zone est envahie de petites glaces dont certaines peuvent encore
garder l'appellation d'iceberg (5 mètres au dessus de l'eau).
Thierry notre réalisateur que nous avons déposé à terre
pour une prise de vue monte de quelques mètres au-dessus de la
berge pour éviter la vague qui pendant quelques secondes frappe
la rive.
Le soir nous retrouvons Lene Holm à son hôtel. Lene est
la responsable du développement durable et de l'environnement
pour le "Conseil Circumpolaire Inuit Groenlandais" (ICC).
L'ICC est une branche du "Conseil Arctique" dont la Norvège
a la présidence jusqu'en 2009. Lene revient d'une enquête
de terrain de trois semaines à travers laquelle elle est allée
visiter chasseurs, pêcheurs et agriculteurs pour recueillir leurs
témoignages sur le changement climatique. Le résultat
de cette enquête n'est pas encore officiel mais il en ressort à chaud
que les populations du nord du Groenland sont davantage affectées
que celles du sud. Les chasseurs voient la banquise se former plus tard
et disparaître plus tôt depuis les années 90. Beaucoup
parlent d'un cycle de trente ans. Les agriculteurs quant à eux
tirent avantage du réchauffement. Les pêcheurs voient des
espèces revenir, qu'ils n'avaient plus vu depuis une vingtaine
d'années. Ils attendent avec impatience que le gouvernement statue
sur les quotas de ces nouvelles espèces. |
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14 juillet 2008
(heure de bord = TU - 2)
Ilulissat, 23h55 heure locale
Nos premiers réels contacts nous confirment qu'à Ilulissat aussi,
l'hospitalité est de mise. Nous avons passé une partie de l'après midi
avec Ono et Karo
Fleischer. Ono Fleisher, descendant de Knud Rasmussen a réalisé six
grandes expéditions en traîneaux à chiens à travers le Groenland, le
Nunavut et
l'Alaska. La dernière en date était la traversée du Groenland d'ouest en
est. Sa grande expérience et les années passées sur le terrain lui
permettent
de témoigner sur les réalités du changement climatique au cours des
quarante dernières années dans cette région de l'Arctique. En fin de
soirée, nous
avons pu approcher les gigantesques icebergs à bord du bateau de
Thorvald, qui a su nous faire partager son expérience du "fjord des
glaces" et nous
confier un précieux témoignage sur la vie du glacier depuis trente cinq
ans. Entre ces deux moments forts, nous sommes allés célébrer notre fête
nationale au restaurant. |
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13 juillet 2008
(heure de bord = TU - 2)
Ilulissat, 23h30 heure locale
Ilulissat est la ville la plus touristique du Groenland. Malgré un
site fantastique, la ville a perdu en authenticité et les relations
avec les gens s'en trouvent influencées. Nous ne trouvons pas
ici la chaleur et l'hospitalité auxquelles nous avons eu droit
partout ailleurs au Groenland.
L'escale reste très plaisante,
nous continuons notre enquête de terrain.
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12 juillet 2008
(heure de bord = TU - 2)
Ilulissat, 23h00 heure locale
Les premiers icebergs sont juste devant le village. A la sortie du
fjord, une moraine frontale à 260 mètres de fond retient
les plus gros morceaux. Sous l'effet de la pression de ceux qui sont
dérrière et qui poussent, ils sont expulsés vers
l'extérieur et partent à la dérive en baie de Disko.
Le front du glacier est quant à lui à plusieurs kilomètres
en amont.
Temps gris cet après midi, de toute manière
nous sommes cloués à bord en attendant de trouver une
place où l'on puisse rester plus de quelques heures. Le port
est tellement petit par rapport au traffic qu'il faut en permanence
tourner pour laisser la place au cargo, à la barge de sable,
aux chalutiers... |
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