4 septembre 2008
(heure de bord = TU - 8)
Point Barrow, Elson Lagoon, 71°21’N – 156°24’W
23h40 heure locale
Ces vents d’est nous permettent d’avancer rapidement vers notre
destination. En début d’après midi, nous approchons du but. Une fine
ligne plus foncée à l’horizon nous indique la présence de la lagune qui
marque le point le plus septentrional d’Alaska. Cette étroite bande de
sable délimite un lagon protégé des caprices de la mer de Beaufort. Nous
avançons dans trois mètres d’une eau marron fortement chargée
d’alluvions. Quelques brisants nous indiquent un banc de sable que la
carte ne situe pas au même endroit. C’est assez normal, tout cela évolue
d’année en année avec un fort ratissage de la banquise durant les mois
d’hiver. Nous nous engageons dans la passe entre le bout de la lagune et
l’île Deadman. Une fois à l’intérieur, nous sommes obligés de mouiller
rapidement par manque d’eau. Pour le coup, nous sommes vraiment au bout
du monde. A 2,5 milles (4,5 kilomètres) de la plage où nous pouvons
laisser le dinghy, laquelle est à 8 kilomètres du village. A 15h30 local
(nous avons désormais 10 heures de décalage avec la France) nous
mouillons au milieu de nulle part dans 2,3 mètres de fond.
Le détroit de Béring est désormais à 450 milles nautiques (830
kilomètres). Ce n’est qu’une fois le détroit franchi que nous pourrons
valider le Passage du Nord-Ouest. Nous n’avons pas vu le moindre morceau
de glace depuis Gjoa Haven et avons parcouru 6171 milles nautiques
depuis Tromsø.
Pour la septième étape de l’expédition « Around North America »,
l’équipage était composé de :
En haut, de gauche à droite :
Didier Lasserre (France),
Thierry Deakin (Angleterre),
Olivier Pitras (France).
En bas, de gauche à droite :
Gabriel Pitras (France),
Philippe Rouillé (France),
Laurent Cérésoli (France),
David Alexander (Canada),
Tino Schuman (Allemagne). |
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3 septembre 2008
(heure de bord = TU - 6)
Nord Alaska,
71°03’N – 151°13’W
22h30 heure locale
Notre route est rectiligne le long des côtes excessivement plates
d’Alaska. Cela nous change de l’archipel canadien. Nous naviguons dans
quinze mètres d’eau, mais nous n’apercevons rien, pas le moindre
promontoire. Seule la voile avant nous pousse à bonne vitesse dans un
vent régulier.
Quelques oiseaux nous honorent de leur présence, en
revanche nous ne voyons aucun cétacé dans cette mer qui jadis en était
si riche. Il faut dire que les derniers baleiniers du 19ème ne
récoltaient plus que les fanons et abandonnaient les carcasses sur
place. Ils pouvaient ainsi rester plusieurs saisons en Arctique et
massacrer de nombreuses baleines avant que leur cales ne soient pleines. |
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2 septembre 2008
(heure de bord = TU - 6)
Nord Alaska,
70°26’N – 142°36’W
22h30 heure locale
Quelques heures après avoir dégagé la baie Kugmallit, nous nous trouvons
devant l’embouchure du MacKenzie proprement dite. Les eaux sont plus que
jamais chargées d’alluvions et les fonds sont faibles. La brise qui était jusqu’alors au nord-ouest se lève à l’est en augmentant
rapidement. Tout est gris, il bruine. Les milles défilent sur une mer
relativement peu agitée. En fin d’après midi, nous entrons en Alaska et
laissons les Territoires du Nord-Ouest et le Canada dans notre sillage. |
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1er septembre 2008
(heure de bord = TU - 6)
Delta du Mackenzie, 69°55’N – 135°46’W
22h40 heure locale
L’arrivée du mois de septembre nous rappelle qu’il est temps de quitter
la région et gagner dans l’ouest. Le détroit de Béring est encore à
mille milles (1800 kilomètres), les nuits se font de plus en plus
longues et les températures de plus en plus basses. Les oiseaux
migrateurs s’envolent vers le sud afin de prendre possession de leurs
quartiers d’hiver. Il est 9h00 quand le village de Tuk défile sur notre
arrière. Nous y avons reçu un accueil très chaleureux, le départ est
comme d’habitude difficile. Le vent est calme, le ciel et la mer sont
gris. Nous naviguons vers le nord-ouest dans trois mètres d’eau pour
dégager l’île Pullen qui marque l’extrémité ouest de la baie Kugmallit.
Après l’île, nous pourrons faire route directe vers Point Barrow notre
prochaine escale. |
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