21 avril 2009
(heure de bord = TU)
Reykjavik, Islande.
64°09’N – 21°56’W
19h00 heure locale
Au lever du jour, la brise nous pousse paisiblement vers l’Islande toute
proche. Le pinceau des phares balaye l’horizon. De belles éclaircies
promettent une journée ensoleillée. En entrant dans la baie de
Reykjavik, la houle se calme complètement. Nous faisons les 25 derniers
milles en profitant à chaque instant de ces moments de calme retrouvés.
Il faut dire que les 48 dernières heures étaient particulièrement
agitées et qu’une autre tempête est annoncée pour la nuit prochaine.
Quelques souffles annoncent la présence de cétacés trop loin pour être
identifiés. En arrivant au port, les douaniers sont là, sur le quai,
avec le chien. Les formalités sont plus longues que d’habitude. Nous
mettons cela sur le compte de la crise et d’un resserrement de la
discipline mais nous apprenons plus tard quand nos amis viennent à notre
rencontre qu’un voilier venant de Norvège a été arraisonné la veille
avec 110 kg de drogue dure. Un voilier arrivant à cette saison en
Islande est obligatoirement suspect. Les assurances locales refusent
d’assurer les voiliers qui navigueraient entre le 30 septembre et le 30
avril. Quoi qu’il en soit, nous sommes heureux d’être de retour en
Islande et de revoir nos amis. Nous mettrons en ligne le programme de
nos activités islandaises durant le weekend end car jeudi est un jour
férié, c’est le premier jour de l’été en Islande. Côtés activités donc,
quelques rendez-vous restent encore à définir mais nous savons déjà que
nous aurons une conférence à l’ambassade de France et que le président
islandais nous rendra visite pour soutenir notre action.
Nous avons parcouru 2344 milles depuis Halifax et 20376 milles depuis
Tromsø. La carte de « Marine Track » confirme bien que la
circumnavigation du continent Nord Américain est bouclée. Que de milles
parcourus pour traverser le port !!
L’expédition n’est pas finie pour autant, Tromsø est encore loin et nous
ne pourrons valider notre parcours seulement après avoir tourné les
amarres à quai le 16 mai prochain.
Ainsi s’achève la 20ème étape de l’expédition « Around North America ».
Ont participé à cette étape :
En haut de gauche à droite :
Laurent Thomassin (France),
Olivier Pitras (France),
Gérard Carpentier (France),
Annie Tardivon (France),
Michel Tréguier (France),
Laurent Ceresoli (France).
En bas de gauche à droite :
Etienne Thomassin (France),
Vincent Bénard (France),
Vincent Berthet (France).
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Equipage Halifax - Reykjavik
Photo Vincent Berthet
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20 avril 2009
(heure de bord = TU - 3)
Atlantique Nord
63°45’N – 23°26’W
23h25 heure locale
La mer est restée grosse et n’aura guère permis de repos. Le bateau
roule d’un bord sur l’autre. Beaucoup d’eau passe sur le pont. De
nombreux pétrels fulmars nous rendent visite. L’accalmie aura été de
courte durée. Déjà, le vent monte, change de tonalité, le gréement
recommence à chanter dans la bourrasque. La mer monte plus qu’hier, le
vent également. Chaque crête de vague est pulvériser. L’onde se couvre
d’écume. Le gréement hurle cette fois, ce n’est plus un chant c’est une
plainte. Nous prenons la cape pour la deuxième fois en 24 heures. Le
calme relatif de cette allure permet de cuisiner un repas chaud. Trois
heures plus tard, le vent tourne, nous reprenons la route à sec de toile
puis sous un minuscule bout de voile. Au fil des heures, les conditions
s’assagissent. Nous sommes à 50 milles de l’entrée du port de Reykjavik. |

Pétrels fulmar
Photo Vincent Berthet
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19 avril 2009
(heure de bord = TU - 3)
Atlantique Nord
61°31’N – 25°37’W
21h00 heure locale
La chute du baromètre durant la nuit est impressionnante (15 mb en
8h30). Le vent prend son souffle et augmente d’heure en heure. Nous
tenons la route. « Southern Star » passe bien la vague malgré la mer
légèrement contraire. Le baromètre continue sa descente vertigineuse. A
5h00 du matin, les éléments sont vraiment trop déchaînés, il vaut mieux
faire le dos rond, nous prenons la cape. La pression se stabilise. Nous
attendons avec impatience la rotation du vent qui nous permettra de
remettre en route. En attendant, nous profitons du spectacle grandiose
que nous offre la nature. Trois heures plus tard, le vent tourne. Le
baromètre grimpe aussi vite qu’il était descendu. Nous reprenons notre
route avec une voile considérablement réduite et solidement saisie dans
un tangon. Vincent, notre caméraman photographe depuis Dutch Harbor, ne
loupe pas un instant de ces moments intenses. Demain dans la matinée
nous devrions entamer un deuxième round avec dame nature. Il faudra
cette fois négocier avec du vent fort et la montée sur le plateau
continental. J’ai oublié de mentionner hier que nous avons franchi les
20 000 milles nautiques. |

Cameraman
Photo Laurent Ceresoli
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Vague
Photo Vincent Berthet
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18 avril 2009
(heure de bord = TU - 3)
Atlantique Nord
59°18’N – 28°02’W
18h45 heure locale
Journée de petit temps, changement de décor, fini l’alizé. C’est le
calme avant la tempête. Elle devrait nous cueillir dans les dix
prochaines heures. La journée est employée pour mettre le bateau en
conformité pour le gros temps. Tout est contrôlé et arrimer solidement.
Les quarante-huit prochaines heures promettent d’être sportives. Les
prévisions confirment toutefois que nous devrions avoir une forte
proportion de vents favorables. |

Préparation à la tempête
Photo Vincent Berthet
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17 avril 2009
(heure de bord = TU - 3)
Atlantique Nord
57°58’N – 30°40’W
22h25 heure locale
Voilà bientôt six jours que nous avons ce vent de sud-est. Les
discussions vont déjà bon train à propos de notre date probable
d’arrivée à Reykjavik. Entre temps, une dépression assez forte risque de
redistribuer les cartes. Nous l’attendons dans une trentaine d’heures.
Dedans, nous devrions toutefois pouvoir bénéficier de vents
majoritairement favorables. Depuis quelques jours, chacun est entré dans
une routine comme on la trouve généralement sous les alizés. Personne ne
se pose plus la question de savoir d’où vient le vent avant de monter au
quart. Pourquoi se la poserait-on puisqu’il est de sud-est ? |

Voiles d'avant
Photo Vincent Berthet
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16 avril 2009
(heure de bord = TU - 3)
Atlantique Nord
55°31N – 33°35’W
22h25 heure locale
L’accalmie se confirme mais le bilan de la nuit reste rock’n roll. Au
petit matin, nous retrouvons une allure tout à fait confortable. Le vent
ne change pas en direction, c’est étonnant, nous n’aurions pas imaginé
faire une traversée sous ces latitudes avec des régimes d’est !
A bord le petit matin a lieu désormais à 3h30, la nuit tombe à 18h45.
Ceci est du au fait que nous n’avons pas changé d’horaires depuis
Halifax bien que nous nous déplacions vers l’est. Nous changerons
d’horaire en arrivant à Reykjavik car ce décalage ne dérange personne à
bord. Trois heures environ avant le jour, nous apercevons déjà une
lueur sur l’horizon nord. C’est un signe de notre entrée en région
septentrionale. |

Guitare en cabine
Photo Vincent Berthet
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15 avril 2009
(heure de bord = TU - 3)
Atlantique Nord
53°13’N – 36°06’W
22h20 heure locale
Pendant la nuit le vent est monté crescendo. La mer est forte. Sur le
pont l’humidité règne. Les grains se succèdent à intervalles réguliers.
Nous conservons toutefois notre allure et notre vitesse. L’Islande est
droit devant, nous ne sommes pas mécontents de notre sort. Les quarts se
succèdent dans la bonne humeur. Peu après la tombée de la nuit, une
ligne de grains plus violents s’abat sur nous. La toile déjà petite est
encore réduite. Quelques vagues balayent le pont mais nous tenons la
route. Au moment où j’écris ces lignes, il semblerait que nous allions
vers une accalmie. |

Oiseaux curieux
Photo Vincent Berthet
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14 avril 2009
(heure de bord = TU - 3)
Atlantique Nord
50°28’N – 38°56’W
22h15 heure locale
Il est 3h30 quand nous sortons avec un certain soulagement de la limite
des glaces. La journée se passe paisible comme celle de la veille. Notre
avance est rapide. Les manœuvres sont quasi inexistantes. Dans ces
circonstances, la préparation des repas devient le centre de toutes les
discussions et l’équipe de cuisine se retrouve malgré elle, sous la
pression du reste de l’équipage. En soirée le vent monte d’un cran mais
nous restons toujours devant « notre » flux de sud. Il gagne doucement.
Nous faisons de notre mieux pour conserver de la vitesse afin de pouvoir
en profiter au maximum. |

Préparation du repas
Photo Vincent Berthet
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13 avril 2009
(heure de bord = TU - 3)
Atlantique nord,
47°54’N – 42°01’W
22h30 heure locale
Ce flux de sud nous offre des conditions idéales de navigation. Le
baromètre est haut, le thermomètre également, la brise modérée et bien établie, la mer belle. Nous filons bon train vers l’Islande de manière étonnamment confortable. Le soleil est la vedette du jour. En milieu
d’après midi, nous sortons le sextant pour une séance d’initiation. Dans
la nuit nous devrions quitter la limite des glaces. |

Sextant
Photo Vincent Berthet
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12 avril 2009
(heure de bord = TU - 3)
Sud du banc Flemish,
45°43’N – 44°41’W
23h55 heure locale
L’aube est toujours la bienvenue dans les zones où il y a de la glace.
La journée s’annonce paisible, la mer est belle. Le soleil montre
parfois le bout de son nez en matinée mais évolue à découvert le reste
de la journée. L’équipage est aux anges. Chaque nouvelle carte de glace
est épluchée méticuleusement pour établir la meilleure route. Nous avons
encore 250 milles à parcourir en terrain miné avant de quitter la zone
des icebergs établie par la « Patrouille de glace internationale –
Environnement Canada ». |

En table à carte
Photo Vincent Berthet
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11 avril 2009
(heure de bord = TU - 3)
Est des Grands Bancs de Terre-neuve
44°12’N – 47°41’W
22h30 heure locale
Nous quittons les bancs en deuxième partie de nuit. Le ciel reste
dégagé, la lune nous aide pour la veille à la glace. L’horizon reste
désert. Le soleil apparaît rougeoyant et glorieux. En milieu de matinée,
l’homme de veille annonce de la glace en vue, un iceberg par l’avant
tribord. Nous croisons également de plus petits morceaux dans le courant
de la matinée alors que l’après midi se passe sans la moindre alerte. La
nuit arrive bien noire malgré les étoiles, la lune n’arrivera que plus
tard, se faisant attendre chaque jour davantage. Quand elle est là, tout
devient plus léger, la veille visuelle est efficace. Le radar ne voit
pas les morceaux bas sur l’eau. |

Iceberg
Photo Vincent Berthet
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10 avril 2009
(heure de bord = TU - 3)
Sud des Grands Bancs de Terre-neuve
43°05’N – 50°11’W
22h40 heure locale
Au point du jour nous changeons de régime de brise, la perturbation est
là, minuscule. Pour l’heure, elle souffle de sud-est et sera au
nord-ouest en fin de journée. Nous voyons déjà en milieu de matinée les
nuages du front froid dans le lointain à l’ouest. Le vent est désormais
musclé mais nous passons une après midi fort agréable sous un soleil
radieux. Nous décidons de couper par les bancs sur une centaine de
milles. Un cargo nous croise, il est en route pour Halifax semble-t-il.
La lune se lève rousse et majestueuse et nous accompagnera jusqu’au
petit matin maintenant qu’elle est descendante. |

Cargo
Photo Vincent Berthet
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9 avril 2009
(heure de bord = TU - 3)
Sud des Grands Bancs de Terre-neuve
43°29’N – 53°27’W
22h40 heure locale
La brise est légère ce matin et la température est incroyablement
remontée. Nous entrons de nouveau dans des eaux chaudes. Nous baissons
le chauffage d’un cran. La houle par le travers nous donne du fil à
retordre, les voiles claquent régulièrement. Nous concédons à la route
et pointons plus au sud pour ne pas faire souffrir le gréement. Le
courant nous aide mieux désormais. En milieu de journée, nous croisons
une troupe de globicéphales, une dizaine d’individus faisant route au
nord-ouest. En fin d’après midi, nous entrons dans une succession de
bancs de brume, la température baisse. Nous sommes à la limite sud des
glaces. Le trafic est inexistant autour de nous. Nous naviguons sur un
océan immense et désert. |

Globicéphale
Photo Vincent Berthet
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8 avril 2009
(heure de bord = TU - 3)
Sud-est détroit de Cabot
44°18’N – 56°15’W
22h50 heure locale
Le jour arrive aussi humide, ventée et bouché que la veille. Toutefois
en début de matinée le vent tourne à notre avantage et nous pouvons
profiter d’une allure plus confortable. La sortie des bancs de Nouvelle
Ecosse est marquée par une mer plus régulière également. Nous sommes
satisfaits de notre sort malgré cette brume qui persiste. Les dernières
prévisions météo donnent une forte dépression à trois jours qui nous
incite à contourner les Grands Bancs de Terre-neuve car les vents y
seront contraires. Nous pointons donc plus au sud. Les Grands Bancs
s’étendent sur une immense région (600 x 700 kilomètres) au sud de
Terre-neuve. C’est là que les morutiers français et notamment ceux de
Fécamp venaient pêcher la morue. Nous avons une pensée émue pour ces
intrépides marins. A 150 milles dans notre nord (277 kilomètres) les îles françaises de St Pierre et Miquelon s’éloignent doucement de notre
route. Le vent faiblit et la brume se lève en début d’après midi. Dans
l’est, un arc en ciel nous sourit. La nuit arrive plus claire que la
précédente, derrière les nuages la lune veille. |

Arc en ciel
Photo Vincent Berthet
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7 avril 2009
(heure de bord = TU - 3)
Nord île Sable,
44°44’N – 59°23’W
22h25 heure locale
Le vent prend à chaque instant un souffle plus puissant. Les prévisions se confirment. La mer reste calme sous le vent du grand banc de sable qui déborde
l’île sur plus de 30 milles (55 kilomètres). Nous avançons à voilure réduite. Le jour se lève sur une mer hachée, un plafond bas et de la pluie par
bourrasque. Quelques estomacs en subissent les conséquences avec courage et combativité. En fin de matinée, la brume tombe, épaisse et froide. Nous filons à
l’aveuglette droit sur une zone où la carte d’il y a quelques jours donnait de la glace (les cartes sont hebdomadaires). L’équipe de quart, tous les sens en éveil, se tient prête à virer d’un instant à l’autre. La brume s’épaissit encore, le vent monte. Nous ferons route ainsi en direction du danger tant qu’il
fera jour et prendrons les dispositions nécessaires pour la nuit. La nouvelle carte arrive enfin. Il n’y a plus de glace sur notre zone. Les visages se
détendent instantanément. La nouvelle est donnée sans tarder à l’équipe de quart qui voit de la glace dans chaque déferlante et elles sont nombreuses. La
banquise est désormais confinée à l’entrée ouest du détroit de Cabot et le Golfe du Saint Laurent est libre jusqu’à Québec. Sur le plan de la navigation,
nous nous en réjouissons mais la vitesse avec laquelle la débâcle s’opère dans la région est une fois de plus hors norme semble-t-il. La nuit tombe sans
perturber notre champ de visibilité qui est restreint quoi qu’il en soit à un quart de mille dans le meilleur des cas. Notre univers est plus obscur voilà
tout. La nuit s’annonce agitée, les grains sont fréquents, accompagnés d’une pluie battante. |

En quart
Photo Vincent Berthet
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6 avril 2009
(heure de bord = TU - 3)
Ouest Sable Island,
43°52’N – 62°12’W
22h45 heure locale
9h00, les derniers litres d’eau achèvent notre plein tandis que les
douaniers arrivent. Nous pouvons appareiller, tout le monde est à bord.
Nous descendons le fjord en direction du large. « Halifax trafic » nous
souhaite une bonne route, bientôt nous sommes seuls. La côte basse de la
Nouvelle Ecosse disparaît vite à l’horizon. Nous faisons route au
sud-est. La météo prévoit du mauvais temps pour la fin de nuit. Cela ne
laisse pas assez de temps pour dégager le bord du plateau continental où
les vagues sont toujours plus dures. Nous resterons donc sur le plateau.
En milieu d’après midi, la lune est visible, elle sera bientôt pleine.
La route est désormais au Nord-est. Nous attendons avec impatience la
dernière carte de glace car nous prévoyons de passer entre la glace et
l’île de Sable. Nous retrouvons avec plaisir les pétrels fulmar planant
inlassablement de vague en vague.
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Fulmar
Photo Vincent Berthet
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