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Etape 2
Reykjavik (Islande) - Nuuk (Groenland)
(7 Juin - 20 juin)
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20 juin
2008, (heure de bord = TU - 2)
Nuuk, Groenland, 22h40 heure locale
Notre route aujourd'hui passe par l'intérieur de plusieurs archipels.
C'est une étape en plan d'eau intérieur. Une légère brise de sud nous
pousse doucement vers notre
destination. Il fait encore grand beau, c'est incroyable ! Depuis que
nous sommes au Groenland, le soleil nous accompagne de jour en jour.
Nous franchissons quelques
passages étroits entres les îles où le courant est fort mais favorable.
Au loin, la ville apparaît, les barres d'immeubles cohabitent avec les
maisons de couleurs. A
quelques milles de Nuuk, la brise fraîchie, toujours dans la même
direction. Plus nous approchons, plus elle se renforce au point que nous
faisons le dernier demi mille vent
arrière à sec de toile à 5 nœuds. Le port de commerce est encombré de
bateaux de pêches. Chaque rafale soulève de petits tourbillons d'eau
qui ressemblent à de la
fumée. Nous utilisons l'annexe pour partir en repérage. Il est
extrêmement inconfortable d'attendre, les rafales se font plus violentes
et "Southern Star" a du mal à
rester dans un espace aussi étroit. Finalement nous repérons une barge
contre laquelle nous pouvons nous amarrer, devant un remorqueur. La
place est petite, à
contre soleil et n'est pas dans l'axe du vent. L'approche est scabreuse,
les rafales irrégulières. A quelques mètres du but, une rafale plus
violente que les autres nous
pousse sur l'étrave du remorqueur. Le balcon arrière, l'antenne BLU, la
bouée fer à cheval sont touchées mais les parties essentielles sont épargnées. Quand la
manœuvre est finie, nous revenons constater les dégâts. Nous nous en
tirons bien. Rien n'est cassé, dessoudé, tordu; Tout a joué en
souplesse. Nous voilà à Nuuk,
capitale du Groenland.
Fin de la deuxième étape de l'expédition.
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19 juin
2008, 23H45 TU (heure de bord = TU - 2)
Nordafar, Groenland
Un vent du Nord soutenu nous a incités à rester dans
le même fjord aujourd'hui. Nous avons bougé de 4 milles
seulement pour finalement arriver à proximité d'un
autre village abandonné. Une pêcherie à priori.
Comme partout ailleurs, le démontage des installations n'est
pas à l'ordre
du jour. Quand l'activité s'arrête, tout reste en plan.
Le temps était au grand beau et la végétation superbe.
Demain, nous prenons la route pour Nuuk où nous aimerions être
pour la Fête Nationale Groenlandaise le 21 juin. |
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18 juin
2008, 23H30 TU (heure de bord = TU - 2)
63°41 N - 051°31' W
Faeringhavn, Groenland
07h00, nous entrons dans le réseau d'îles de la petite
baie où nous avons choisi de mouiller. Sur l'autre rive du fjord,
des citernes d'hydrocarbures attirent notre attention. Le temps
est toujours au grand beau. Les îles qui composent la baie sont
petites, 200, 300 mètres maximum. L'alignement d'entrée
dans le fjord rapporté sur les cartes marines ainsi que les citernes
observées en arrivant nous laissent à penser que nous
pourrions y trouver un village. Au détour d'une pointe, une maison
apparaît, puis une autre et une autre encore. Au fur et à mesure
que nous progressons, le village se dévoile, aucune activité,
un ponton écroulé, c'est bien un village mais totalement
abandonné. Dans l'après midi, nous débarquons.
Certaines maisons sont parfois visitées et occupées à l'occasion
d'une partie de chasse ou de pêche, le reste n'est que désolation.
Le site est beau. Les îles rocailleuses s'élèvent
entre 20 et 30 mètres d'altitude et composent un réseau
complexe de bras de mer, d'anses.
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17 juin
2008, 23H20 TU (heure de bord = TU - 2)
63°11'N - 051°22'W
Après nos adieux au village, nous reprenons la route en début
d'après midi.
Dès la sortie du fjord la glace nous attend.
La météo est au grand beau et le champ de glace peu dense.
Les conditions idéales sont réunies pour prendre du temps
et flâner au gré des glaçons, nous en profitons.
Nous n'hésitons pas à nous détourner de la route
pour nous approcher des plus beaux icebergs. Avec le soleil, la couleur
de la glace vue en transparence sous l'eau embrasse toute la palette
des turquoises. De loin en loin des phoques somnolent. Quand nous les
approchons, ils ne tardent pas à plonger alors que nous sommes
encore à bonne distance. C'est une attitude normale pour un animal
qui est une proie pour l'homme.
L'équipe de tournage s'en donne à cœur joie, l'univers
dans lequel nous évoluons est un pur chef d'œuvre. Un groupe
de trois baleines à bosses nous accompagne un instant. Il est
21h00 quand nous sortons du pack, nous n'avons pas vu le temps passer.
Désormais la route est à priori libre jusqu'à notre
prochaine escale. Nous reprenons les quarts pour la nuit.
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16 juin
2008, 21H00 TU (heure de bord = TU - 2)
Qeqertarsuatsiat, Groenland.
Aujourd'hui l'équipe a repris son enquête de terrain.
Nous avons décidé de nous scinder en deux groupes afin
d'aborder les points de vue de toutes les générations.
Deux d'entres nous sont allés à la maison de retraite
afin de recueillir les témoignages des anciens tandis que les
autres sont partis pour la journée avec un groupe d'adolescents
et leurs professeurs sur les ruines d'un village à trois heures
de marche de là.
Les anciens ne sont absolument pas sensibilisés
au changement climatique, ils ne voient pas spécialement de changement.
En revanche ils sont très préoccupés par le choc
culturel qui a bouleversé leur vie.
Les plus jeunes, adultes
et adolescents, sont conscients du changement mais davantage
par voie d'information. Les adultes trouvent que les étés
sont plus chauds. Ce n'est pas pour leur déplaire. Les jeunes
appuient sur le fait qu'ils sont prêts à faire des efforts
en ce qui concerne le respect de l'environnement notamment
en ce qui concerne la gestion des déchets.
Tous, sans exceptions sont charmants, ouverts, curieux et n'hésitent
pas à se livrer. Ce fut une journée formidable au niveau
humain.
De retour de piquenique, la joyeuse bande est venue visiter
le bateau et nous ont assaillis de questions.
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15 juin
2008, 23H50 TU (heure de bord = TU - 2)
62°50'N - 051°02'W
Qeqertarsuatsiat, Groenland.
04h00, la chaine de l'ancre rompt le silence qui règne au coeur
du fjord. Nous mouillons à quelques encablures du village. Au
loin, le groupe électrogène scande des slogans de civilisation.
Le ciel est clair, la lumière rasante embrase les maisons aux
couleurs vives. Nous voilà au Groenland. 2471 milles (4600 kilomètres)
parcourus depuis Tromsø.
La journée se passe à relaxer,
récupérer de la traversée, ranger, nettoyer. Il
est déjà tard quand nous débarquons à terre,
l'après midi touche presque à sa fin. Les villageois,
curieux de connaître notre histoire, nous accueillent chaleureusement,
les visages sont souriants. Un hélicoptère fait des allers
et retours pour transporter le matériel de la nouvelle mine de
rubis. Les pilotes danois et norvégiens, Jens et Allan viennent
nous rendre visite dans la soirée et nous donnent des contacts
pour notre escale à Nuuk. Demain nous restons sur place.
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14 juin
2008, 23H50 TU (heure de bord = TU)
62°50'N - 051°02'W
Nous venons juste de franchir la bande de banquise qui s'étire entre le
large et la côte. Nous naviguons désormais de nouveau en eaux libres et
sommes à 18 nautiques (35 kilomètres) du mouillage que nous avons choisi
pour notre arrivée au Groenland.
13h00, nous apercevons nos premières
glaces. La brume est encore épaisse et la pluie toujours présente. Le
vent de nord-ouest nous oblige à rentrer dans la banquise sur son côté
le plus dense, avec cette brume grimper au mat n'arrange rien, pas moyen
d'embrasser l'étendue de glace. La carte du matin indique une zone plus
claire vers laquelle nous nous dirigeons. Ca marche !! Malgré les 9
heures de décalage, les conditions ont peu évolué, nous passons sans
peine. Pendant notre passage dans la banquise, le vent chasse les
nuages, la brume se déchire et les sommets apparaissent dans l'est. Le
Groenland nous salue et nous offre une approche de toute beauté. |
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13 juin
2008, 22H10 TU (heure de bord = TU)
60°52'N - 051°09W
La pluie n'a pas cessé depuis hier. Notre univers est composé
essentiellement de gris. Sur le pont tout est détrempé mais l'intérieur
reste confortable et sec grâce aux poêles qui ronronnent en permanence.
Chaque manœuvre voit revenir un équipage mouillé de la tête au pied qui
se réconforte avec une soupe chaude consommée assis à même le plancher.
C'est l'endroit le plus confortable au roulis. Pour l'heure, le vent
nous a abandonné. Seule l'équipe de quart occupe le pont et veille la
glace pendant que les autres restent au chaud. Discussions, lecture, tri
des photos, étude des cartes sont les activités principales sans oublier
les bons petits plats qui font oublier la grisaille qui reigne dehors. |
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12 juin 2008, 23H55
TU (heure de bord = TU)
59°10'N - 048°12'W
Nous remettons désormais du nord dans notre ouest et commençons la
remontée de la côte Ouest du Groenland. La température a baissé ces
dernières heures autour de 5°C et le brouillard
ne nous lâche pas depuis hier.
Si nous n'avions pas les cartes de glace,
nous pourrions quand même savoir grâce à ces deux indices que la glace
n'est pas loin. Le radar nous aide pour la veille
aux icebergs mais ne pourrait pas distinguer une plaque de banquise bien
trop basse sur l'eau. La veille visuelle est donc de mise. La pluie a
redoublé cette nuit, ce n'est plus de la bruine mais
une belle pluie qui mouille. Nous apprécions d'autant plus la protection
de cockpit. Dessous, nous sommes protégés des intempéries et gardons le
contact avec les éléments. Entre les embruns et la pluie, l'équipe de
tournage est obligée d'habiller la caméra de sa housse étanche ce qui la
rend peu maniable. Les vents nous sont
encore favorables. Nous commençons à scruter les cartes marines et
terrestres pour identifier un point d'atterrissage. Ce sera autour du
62°N. |
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11 juin
2008, 22H30 TU (heure de bord = TU)
59°02'N - 42°07'W
Nous avons quasiment atteint le point le plus Sud de
notre parcours en Océan Atlantique. Dans 45 nautiques (83 kilomètres)
nous serons au niveau du cap Farvel et nous pourrons diriger
notre étrave
vers le nord.
Nous filons 8 nds, il pleut, la visibilité est
mauvaise.
La veille à la glace a commencé mais nous n'avons
toujours rien vu. Nous nous tenons volontairement à l'écart
des champs de glace pour ne pas freiner notre avance et profiter
au maximum des vents portants. En revanche, il serait trop
long de contourner les zones de glaces éparses et d'icebergs,
nous passons en plein dedans. Nous restons attentifs car les
deux voiles tangonnées à l'avant
réclament une manoeuvre rapide en cas d'alerte.
Giulio, notre petit mousse, n'est absolument pas perturbé par
le roulis incessant, il gazouille de plus en plus et invente chaque
jour de nouvelles conversations. |
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10 juin 2008, 23H30
TU (heure de bord = TU)
60°12'N - 37°48'W
La glace dans la partie Sud Ouest du cap Farvel s'étend jusqu'à 65
nautiques (120 kilomètres) au large. Cela va nous obliger à faire un
grand détour, mais nous n'en sommes pas encore là.
Pour l'heure nous
sommes de nouveau dans des vents calmes. Les prévisions nous
promettent des vents favorables et nous sommes preneurs. Le rythme du
bord est donné par les changements de quarts. Ils sont l'occasion de
partager des moments avec les autres équipes avant que chacun regagne sa
couchette.
A bord l'ambiance est au beau fixe. Pas un bateau à
l'horizon depuis notre départ. La température a baissé, nous avons du
entrer dans le courant froid Est groenlandais.
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9 juin 2008, 22H20
TU (heure de bord = TU)
61°55'N - 033°50'W
Journée sans grand évenement, vent régulier, mer
conforme au vent, nous apprécions le moment, vivons le présent.
Nous commençons à échaffauder des plans en observant
les cartes des glaces que nous recevons chaque jour pour savoir à quel
moment nous allons voir notre premier iceberg de la côte Est du
Groenland.
Au fur et à mesure que nous nous enfonçons
vers le sud, les nuits s'assombrissent. Il ne fait pas nuit,
mais au plus sombre nous sommes obligés d'éclairer le
compas. Curieux, pour nous qui n'avions plus d'oscurité depuis
fin avril.
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8
juin 2008, 22H30 TU (heure de bord = TU)
63°30'N - 028°11'W
Nous avons passé la journée dans le centre de la dépression sans vent
avec une grosse mer croisée. Les estomacs ont fortement accusé le
coup. La moitié seulement de l'équipage était valide, l'ambiance à bord était donc au service minimum. Pour l'heure, nous avons retouché du
vent, tous les visages ont repris des couleurs et un bon riz pilaf a
définitivement rangé la session d'amarinage de notre deuxième étape
au rang des souvenirs. |
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7
juin 2008, 20H00 TU (heure de bord = TU)
64°07'N / 022°36'W
La baie de Reykjavik a déjà disparu à l'horizon...
Le temps est bouché.
35nds de vent d'Est nous poussent
vers le Groenland, notre prochaine destination. Nous avons
appareillé vers 17h.
Depuis ce matin c'est l'effervescence à bord
pour que tout soit clair avant le départ. Derniers bloquages,
poster le courrier, envoyer les mails en haut débit,
faire les formalités de douane, copier les fichiers
avant que Thierry notre réalisateur ne nous quitte,
graver les CD, prendre une douche, revérifier que ceux
qui repartent sur Paris aient bien toutes les K7 et puis il
y a les adieux, ceux qui restent sur le quai et qui nous ont
tant donné.
Nous avons eu droit à un cadeau destiné à nous
ouvrir toutes les portes pendant l'expédition et en
particulier celle du Passage du Nord Ouest.
L'étape à Reykjavik
nous a permis de rencontrer beaucoup de monde en relation avec
notre mission. Scientifiques, politiques, opérateurs
touristiques et personnes rencontrées spontanément,
tous se sont prêtés au jeu de nos interviews.
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