|
Etape 15
Colon (Panama) - Roatan (Honduras)
(15 - 27 janvier 2009 )
|
|
27 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Coxen’s Hole, Roatan, Honduras
16°18’N – 086°32’W
20h30 heure locale
Après une nuit noire et sans le moindre trafic, le jour se lève sur une
mer toujours hachée. Le vent reste faible, le roulis continue de plus
belle jusqu’au moment ou nous arrivons dans le sud de l’île Guanaja qui
casse la houle du large. A partir de là, nous pouvons de nouveau avancer
correctement. Petit à petit nous découvrons les reliefs de Roatan,
succesion de collines douces.
En milieu d’après midi, nous pouvons
apercevoir les maisons et le vert intense de la végétation. Notre
vitesse retrouvée nous permet d’arriver en fin de journée près de «
Banco Smith » qui marque l’entrée de Coxen’s Hole. C’est la ville
principale de l’île où nous devons faire notre entrée officielle.
Derrière le récif, nous retrouvons une eau parfaitement calme et pouvons
paisiblement approcher le village qui s’étend dans le nord de l’islet «
Big Cay ». Nous mouillons dans son ouest. Il est 18 heures, le chant des
oiseaux envahit l’atmosphère lourde et humide du village. Nous sommes à
Roatan, fin de la 15ème étape de l’expédition.
Le loch indique 15233 milles nautiques (28 211 kms) parcourus depuis le
départ.
Ont participé à cette étape, de gauche à droite :
Pierre-Charles Gueroult (France),
Vincent Berthet (France),
Randy Falkner (Canada),
Olivier Pitras (France),
Lee Wolf (Canada),
Marie-Rose Lefevre (France),
Laurent Ceresoli (France). |
|
26 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Côte nord-est Honduras,
16°15’N – 84°44’W
22h40 heure locale
L’heure est venue de sortir de cette zone peu profonde et de retrouver
le large. Nous appareillons en début de journée. La brise est au
nord-est. Nous maintenons pendant quelques heures notre route à l’ouest
nord-ouest pour parer « Coral ledge », le dernier banc de corail sur
notre route dans la région.
En milieu de journée, les fonds deviennent
supérieurs à 100 mètres mais la houle ne se calme pas pour autant. Nous
roulons beaucoup, il est difficile de tenir la toile. De gros nuages
noirs envahissent le ciel. Tout le sud est couvert d’une chape de plomb.
Les grains perturbent l’alizé qui n’est, pour le coup, plus très
vaillant. Ainsi, clopin-clopant, nous taillons notre chemin en direction
de l’île de Roatan. |
|
24 - 25Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Cayos Vivorillo, Honduras
15°50’N – 083°18’W
16h30 heure locale
Nous appareillons sans tarder pour profiter pleinement de cette belle
journée qui démarre. Le récif de Cayo Falso est vite dégagé, nous
pouvons pointer notre étrave vers Cayos Vivorillo à 25 milles de là (46
kms). La mer est douce. La brise établie, nous pousse paisiblement vers
le nord ouest. Peu avant midi, nous apercevons une île dans le lointain,
puis des brisants. Nous nous réjouissons de la présence de l’île car
elle garantit un mouillage bien abrité. Les documents nous indiquent
parfois une île qui n’existe plus. Nous trouvons en arrivant un récif
sous un mètre à un mètre cinquante d’eau. Dans ce cas, le mouillage
n’est pas dangereux mais inconfortable car le récif laisse passer le
clapot. Cette fois, nous tenons des îles, des vraies. Quatre bateaux de
pêche sont là, à l’ancre. Les apparaux de pêche sont déployés et donnent
aux embarcations des allures de cormorans. Nous passons par le sud de «
Gran Cayo » en prenant soin d’arrondir largement la pointe. L’eau n’est
pas très claire. Le vent des derniers jours a levé une grosse mer peu
propice aux eaux limpides dans ces fonds de 25 mètres. Nous avançons à
vue vers la zone turquoise juste sous le récif. En mouillant dans du
sable, nous sommes certains de ne pas détruire le corail avec la chaîne
de l’ancre. Après quelques doutes sur les profondeurs, nous finissons
par monter sur ce seuil de sable où nous trouvons encore trois mètres
d’eau. Nous y établissons le bivouac. L’abri est calme, confortable. Une équipe partie plonger sur la barrière revient enchanter par la qualité
des fonds. Demain nous ferons des images sous-marines et appareillerons
vers Roatan lundi matin. |
|
23 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Récif de « Cabo Falso », Honduras
15°30’N – 083°03’W
22h40 heure locale
Au réveil, le vent souffle du nord-est. Nous pouvons reprendre la route.
Ce changement du flux de l’alizé était dû à une énorme dépression se
formant au large de la Nouvelle Ecosse. Un système énorme. Notre carte
ne couvre pas jusqu’en Europe mais un monstre pareil pourrait bien
traverser l’Atlantique et toucher le vieux continent avec la même
violence.
Nous dirigeons notre étrave au nord-ouest, en direction d’un autre récif
sous le vent duquel nous espérons nous abriter. La mer est grosse, le
vent toujours puissant. Nous avançons bien. A midi, nous sommes déjà sur
zone. Partout devant, les brisants indiquent la présence du récif. Nous
avançons prudemment car l’eau n’est pas très claire. Une fois dessous,
nous jugeons le mouillage acceptable et posons l’ancre. Cabo Falso sera
notre bivouac pour la nuit. Nous sommes une fois de plus mouillés au
large, pas d’îles, peu de vie animale. Seul les brisants et le mât d’une épave tiennent lieu de repères. Nous traverserons ainsi le reste du
plateau continental qui borde la côte Est de l’Honduras jusqu’à 200
milles au large (350 kms). Il ne fait pas bon naviguer de nuit dans ces
parages. L’après midi, chacun vaque à ses occupations. Quand la nuit
tombe, tout l’équipage se retrouve avec plaisir pour le diner. |
|
22 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Récif de la « Média Luna », Honduras
15°10’N – 082°39’W
22h20 heure locale
Le temps n’incite pas à l’appareillage ce matin. Le vent est encore
puissant, le ciel est de plomb, nous passerons une journée de plus ici.
Idéale pour mettre KO diverses petites bricoles techniques, logistiques
ou bureaucratiques. Demain le vent devrait tourner de nouveau au
nord-est. |
|
21 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Récif de la « Média Luna », Honduras
15°10’N – 082°39’W
22h30 heure locale
Il est étrange de passer une nuit au mouillage avec l’impression que
nous naviguons. Nous avons bien dormi et sommes prêts à nous approcher
du récif maintenant que le jour est levé. Trois îlets sont en vue, mais
ne correspondent pas aux indications de la carte. Bientôt nous en
apercevons un quatrième inconnu au bataillon. Les brisants nous
indiquent partout dans le nord la présence du récif. Nous entrons dans
une « baie » et trouvons un abri derrière une zone où le corail
affleure. Le reste du récif, à perte de vue, est immergé sous un, deux
ou trois mètres d’eau laissant passer le clapot. De ci de là d’autres
zones affleurantes nous offrent toutes les nuances de turquoises pour le
plus grand plaisir des yeux. Notre abri est sur, bien que sauvage et
isolé. Une barre sombre apparaît à l’horizon en début d’après midi.
Bientôt, d’imposants nuages noirs roulent et déferlent sur nous
accompagnés d’un vent puissant et régulier. C’est confirmé, nous sommes
dans la bourrasque, la météo le prévoyait. Le mouillage tient bon et
reste confortable malgré le vent qui oblige à ferler davantage les
bâches qui claquent. Nous prenons toutes les dispositions d’usages pour
un mouillage de gros temps avant que la nuit tombe. Après il sera trop
tard, impossible de bouger dans ce terrain miné sans visibilité. Le vent
siffle dans le gréement mais nous passons une soirée paisible. |
|
20 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Sud « Arrecife de la Media Luna », Honduras
15°03’N – 82°37’W
23h15 heure locale
Le vent tourne au nord et rallonge notre route. En entrant sur le
plateau continental, la houle se calme mais le plan d’eau reste
brouillon. Notre avance en pâtie sérieusement. Il faut se rendre à
l’évidence, nous ne pourrons pas arriver de jour. Quoi qu’il en soit
nous continuons vers l’ouest nord-ouest, vers le « récif Edinburgh » que
nous atteignons juste avant la nuit sans pouvoir réellement
l’identifier. Nous virons vers le « Récif Alagardo » pour s’abriter le
mieux possible sous le « récif Savannah ». La nuit est d’un noir absolu
et les sondes ne sont pas toujours conformes à la carte. Nous décidons
donc de mouiller au milieu de nulle part, en pleine mer, dans 16 mètres
d’eau en attendant le jour. La navigation dans le corail a ses
contraintes. |
|
19 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Sud ouest du banc Quitasueno,
13°53’N – 081°50’W
22h30 heure locale
La journée est déjà bien avancée quand nous appareillons vers le large.
Le vent est puissant, nous établissons une voilure très réduite et
commençons notre progression contre le vent. Deux heures plus tard, la
nuit tombe, noire. La mer est agitée, le bateau peine dans la vague.
Quelques grains passent mais sans violence. La route en haut profonde se
resserre, nous allons bientôt être contraints d’entrer sur le plateau
continental dont les profondeurs moyennes avoisinent 20 mètres. Ce sera
demain, quand il fera jour.
|
|
18 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Récif nord, île de la Providence, Colombie,
13°31’N – 81°19’W
23h30 heure locale
La journée se lève sur l’immensité du récif qui nous protège. Le soleil
ascendant dévoile au fur et à mesure les teintes turquoises des bancs de
sable. Nous levons l’ancre pour nous rapprocher de la barrière de
corail. Ce mouillage calme, exposé au vent du large nous invite à y
passer la journée.
Une journée de relâche n’est pas pour déplaireà l’équipe permanente qui n’a pas pris la moindre journée off depuis le
départ. C’est une manière de célébrer les huit mois de l’expédition et
les 14793 milles nautiques parcourus. |
|
17 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Récif nord, île de la Providence,
13°30’N – 81°21’W
23h55 heure locale
Au passage de la pointe sud de l’île « San Andres », nous pouvons
constater que les instruments sont conformes à la carte. La houle se
calme, nous naviguons paisiblement en eaux calmes quand un grain
violent, impossible à détecter dans cette obscurité, s’abat sur nous.
Nous nous précipitons pour réduire la toile. La puissance de la
bourrasque rend la tâche difficile. La pluie torrentielle fouette les
visages et nous donne une sensation de fraîcheur bien appréciée. Tout
rentre dans l’ordre en quelques minutes. Jusqu’alors, les grains
n’avaient pas cette violence. Désormais nous savons à quoi nous en
tenir. Nous poursuivons notre route contre le vent. Au petit matin,
nous approchons d’une zone de hauts fonds qui nous incite à virer. La
mer est belle, le courant favorable, nous ne sommes pas mécontents de
notre sort. L’île de la Providence perce l’horizon en milieu de journée
mais il faudra encore attendre une dizaine d’heures avant de pouvoir
mouiller tout au nord de la barrière de corail. La nuit est d’encre
quand nous arrivons, il ne serait pas prudent de vouloir s’approcher
trop près de la barrière. Nous mouillons au moment où la lune se lève,
en eaux relativement calmes. Quand le soleil sera haut nous pourrons
pénétrer plus avant dans le récif. |
|
16 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Sud île « San Andres », au large des côtes nicaraguayennes.
12°23’N – 81°41’W
22h15 heure locale
Le lever du jour nous trouve déjà bien avancé, au large du Costa Rica.
Le ciel est gris, les nuages nous protègent de la morsure du soleil.
L’allure est confortable. En début d’après midi, nous entrons en eaux
nicaraguayennes. Notre route pointe directement sur le groupe d’îles et
de récifs qui sont au large. Pour l’heure, nous serrons le vent, nous
verrons bien où il nous emmène. Nous ne voyons pas d’oiseaux ni de
cétacés, quelle différence avec le Pacifique !!
En fin d’après midi il devient évident que nous allons passer à bonne
distance au vent du récif « Cayos de Albuquerque » et nous diriger vers
le sud de l’île « San Andres ». Bientôt, peu après le coucher du soleil,
nous apercevons son halo lumineux. Elle n’est pourtant pas grosse. Dans
une heure nous devrions être à 1 mille (1,852 mètres) de la pointe sud.
Ce sera l’occasion d’étalonner le GPS avec la carte à l’aide du radar.
Nous n’avons vu aucun autre bateau depuis le départ de Colon.
|
|
15 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Côtes panaméennes,
09°50’N – 080°18’W
22h05 heure locale
Il est 16h00 quand tout est prêt pour l’appareillage. Nous longeons la
digue ouest par l’intérieur. De nombreux cargos sont comme d’habitude au
mouillage. Bientôt nous sentons les premières ondulations du large. Le
vent est contraire. Nous traversons de nouveau un groupe de cargos sur
l’extérieur, mouillés en pleine houle. Nous pointons notre étrave au
plus près du vent. La brise est forte, la voilure réduite mais nous
progressons bien. La nuit tombe et seul le halo sur notre arrière
rappelle la présence du port de Cristobal.
|
|
|