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Etape 14
Passage du canal / San Blas / Colon (Panama)
(3 - 12 janvier 2009 )
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13 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Shelter Bay Marina, Port Cristobal, Panama,
09°22’N – 79°57’W
22h00 heure locale
Le traffic est de plus en plus dense. Avec les lumières du port en
arrière plan, la route des cargos est difficile à juger. Heureusement le
radar nous donne les précisions nécessaires pour faire notre entrée sans
perturber la route des mastodontes. Nous passons les jetées de Cristobal
avec une grosse houle arrière.. Bientôt, nous sommes protégés et pouvons
prendre le chenal pour nous diriger vers la zone de mouillage. A 01h30,
la chaîne de l’ancre défile dans le davier et marque la fin de cette étape, la 14ème de l’expédition. Les cocotiers des San Blas sont
remplacés par les imposantes grues et installations portuaires. Nous
avons deux jours seulement pour préparer le bateau à la prochaine étape.
nous avons réservé une place à quai afin de pouvoir mettre KO de manière
efficace la liste des choses à faire avant le départ pour l’île de
Roatan, en Honduras.
Cette étape aux San Blas nous a permis d’approcher un peuple attachant.
Accrochés à leurs traditions, ils entendent faire leur entrée dans le
monde moderne doucement, à leur rythme. Nous avons pu toutefois observer
que le modernisme les rattrape de manière parfois envahissante. Nous
leur souhaitons de garder leur vision du monde et de trouver leur chemin
dans les méandres de la civilisation occidentale.
Ont participé à cette étape :
En haut de gauche à droite :
Olivier Pitras (France),
Thaly Blanga (France),
Adeline Borot (France).
Au milieu de gauche à droite :
Marie Jo Etienne (France),
Françoise Sylvestre (France),
Thomas Binet (France),
Odile Seren (France),
Laurent Ceresoli (France),
Pierre-Charles Gueroult (France)
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En bas de gauche à droite :
Gaia Sanctis (Italie),
Joël Etienne (France),
Vincent Berthet (France).
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12 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Retour vers Colon, Panama.
09°30’N – 079°48’W
23h30 heure locale
Il est temps de nous diriger vers Porvenir où nous devons continuer la
vérification des panneaux solaires du musée Kunas et faire notre sortie
pour Colon. La passe est étroite mais la visibilité est bonne. La mer
déferle longuement sur les hauts fond de Cayos Limon. Nous sortons par
l’ouest. La traversée est de courte durée. Nous parons le récif de Sail
Rock et mouillons juste devant le ponton. Entre le bricolage des
panneaux solaires, les formalités et le repas de midi que nous prenons à
terre, le temps file vite. Nous appareillons en début d’après midi. Nous
contournons par l’est le grand récif qui prolonge la « Punta San Blas ».
La houle est grosse. Bientôt nous pouvons faire route à l’ouest
nord-ouest alors que dans notre sud la mer brise furieusement de toute
part. Une fois dégagés, nous longeons paisiblement la côte. Le vent est
favorable cette fois, nous marchons vite et confortablement. Les
lumières de Colon apparaissent à l’horizon en même temps que les
premiers cargos. La lune, bien que derrière les nuages, illumine le
pont. Dans deux heures nous passerons les jetées. |
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11 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Cayos Limon, San Blas, Panama.
09°32’N – 78°54’W
21h45 heure locale
Le temps passe trop vite, demain nous devons déjà faire notre sortie de
Porvenir. Cette dernière journée complète aux San Blas est chargée. Nous
démarrons de bonne heure, la lumière est idéale pour une séquence du
bateau sous voile. Nous mouillons en fin de matinée à Cayos Limon où
nous rencontrons des plongeurs qui ramassent crabes, langoustes et
coquillages. Nous passons une partie de l’après midi avec eux et leur
famille. |
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10 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Sud-est canal Mangles, San Blas, Panama.
09°28’N – 78°41’W
21h30 heure locale
L’hospitalité Kuna n’est pas un vain mot. Nous passons la journée à
terre. Les gens sont curieux mais savent déjà que nous venons pour
discuter avec les deux chefs des villages. Ils nous renseignent l’un et
l’autre sur la position des Kunas par rapport au changement global qui
les affectent. Il y a le changement climatique auquel ils sont très
sensibles mais il y a également leur intégration dans le monde moderne.
Ils sont pour une modernisation contrôlée mais restent profondément
attachés à leur culture ancestrale et leur vision spirituelle du monde.
La montée du niveau de la mer les préoccupe vraiment, toutefois, ils
voient leur retour sur le continent comme une suite logique. Toutes les
personnes que nous avons côtoyées depuis que nous sommes aux San Blas étaient souriantes et ouvertes.
En fin d’après midi, nous prenons la route pour nous rapprocher de
Porvenir et mouillons peu avant la nuit au sud d’une île étroite et
longue. La pointe de sable blanc et les cocotiers qui dansent dans
l’alizé seront notre décor de ce soir. |
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9 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Narganà, San Blas, Panama
09°26’N – 78°35’W
21h50 heure locale
Nous quittons Canirtupo par le sud pour nous diriger vers le village de
Nargana à 5 milles de là. Le soleil est haut, les bancs de sable
prennent toutes les nuances de turquoise. L’île sur laquelle se trouve
le village est à 200 mètres de la terre ferme. Elle est également reliée
par un pont piétonnier à une autre île minuscule sur laquelle se trouve
le village de « Corazon de Jesus ». Les deux villages sont à cheval
entre tradition et modernisme. Nous prenons rendez-vous avec les deux ‘Sahilas’ (chef du village) pour demain. |
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8 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Canirtupo, San Blas, Panama
09°28’N – 78°38’W
23h15 heure locale
Comme la veille, nous attendons que le soleil soit haut avant de prendre
la route. Nous dégageons la zone de récifs par le sud puis obliquons à
l’est pour faire route sur Canirtupo. Le mouillage est calme, bien
ventilé et de toute beauté. Rolando et sa famille sont arrivés le matin
même. Ils camperont quelques jours sur l’île pour vendre les Molas aux
bateaux de passage. Toute la famille accepte la présence de la caméra
avec amusement. Pour Rolando, le changement climatique n’est pas évident, parfois l’eau est haute parfois elle est basse. Il pêche, elle
vend ses Molas, la nature leur donne de quoi tirer l’essentiel de leur
subsistance. Nous passons la soirée avec François et Catherine du bateau
Eolia. Ils sont aux San Blas depuis six ans. |
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7 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Sud canal Mayflower, San Blas, Panama.
09°28’N – 78°43’W
22h25 heure locale
Nous passons la matinée à terre. L’île est calme. Nous aidons nos amis
rencontrés la veille à vérifier une installation de panneaux solaires
qui ne leur donne pas satisfaction. Nous appareillons en fin de matinée
car nous devons faire route vers l’est. Le soleil de face ne permet pas
d’identifier les passes dans le corail. Nous prenons le « canal de San
Blas » pour passer au nord de « Cayos Limon ». Certaines îles ont juste
de quoi accueillir une paillote, tandis que d’autres font cinq à six
cents mètres de longueur. En arrivant dans le canal Eden, nous pouvons
bifurquer au sud-est vers le « canal Moron ». Partout, les brisants du
récif sont visibles. La couleur de l’eau donne de bonnes informations
quant à la profondeur. Nous longeons un instant un grand récif. Les
fonds deviennent incertains, l’eau n’est pas assez claire et nous devons
monter dans la mature pour y voir correctement. Le barreur reste
attentif aux informations venant de la vigie. Nous cheminons ainsi à
travers les hauts-fonds pour atteindre l’île de notre choix. Nous
mouillons à distance raisonnable de la plage car la météo prévoit une
rotation possible du vent. L’alizé devrait nous lâcher pour quelques
heures. Nous profitons de la quiétude de cette île déserte. Aucun de nos
documents ne lui donne de nom. |
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6 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Porvenir, San Blas, Panama.
09°33’N – 78°57’W
23h15 heure locale
Au réveil, nous pouvons découvrir la beauté du site. Des îles basses
couvertes de cocotiers et protégées de la houle du large par une
barrière de récifs coralliens. Nous remarquons toutefois une différence
entre la position donnée par nos instruments de navigation et notre
position réelle. Nous avons bien fait de ne pas essayer d’atterrir de
nuit sur Porvenir. L’accès facile de jour peut être traître pour qui ne
connaît pas le lieu et y arrive pour la première fois sans avoir pu étalonner ses instruments. Nous appareillons sans tarder vers Porvenir
où nous devons faire notre entrée officielle sur l’archipel. Là, nous
rencontrons le responsable du tourisme pour le congrès local des San
Blas. Notre enquête de terrain peut commencer car il accepte de se
prêter à notre entretien. Nous passons deux heures en sa compagnie et
découvrons à travers lui un peuple fascinant. Les Kunas sont très
lucides à propos de la situation actuelle concernant l’environnement.
Leur cacique était présent à Poznan, en Pologne durant la conférence
préparatoire au sommet de Copenhague de 2009 sur le changement
climatique. Ils envisagent déjà plusieurs scénarios possibles concernant
l’évacuation possible de l’archipel à cause de la montée des eaux.
Plusieurs îles ont d’ailleurs déjà été inondées. Leur vision de
l’environnement est pleine d’enseignement et de sagesse. |
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5 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Chichime Cays, San Blas, Panama.
09°35’N – 78°52’W
22h00 heure locale
L’équipage se retrouve à 4h30 sur le pont, nous appareillons sans tarder
car il faut absolument arriver de jour aux San Blas à cause des nombreux
récifs coralliens. La voile est établi à la sortie du mouillage. Le vent
est toujours contraire. Nous tirons des bords dans une mer formée.
Quelques cargos nous rappellent la présence du canal. Le ciel est
couvert, quelques grains assortis de rideaux de pluie sont visibles
alentour. La navigation est agréable, nous devrions pouvoir arriver à
Porvenir avant la nuit. En fin d’après midi un grain s’abat sur nous, le
vent tourne et nous oblige à tirer un bord au large balayant ainsi nos
chances de pouvoir atterrir de jour. Un thon mord à l’hameçon en guise
de consolation. Dans ces conditions nous sommes contraints d’abandonner
l’idée d’un atterrissage à Porvenir et choisissons le groupe d’îles de
Chichime plus facile d’accès. La nuit tombe, nous entrons au cœur de
l’archipel sans la moindre visibilité concernant le corail. Il faut
faire confiance aux instruments. En revanche la lune nous permet
d’apercevoir les îles. A 20h00, nous mouillons à l’abri du récif et
d’une petite île pour la nuit. Nous voilà au San Blas. |
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4 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Porto Belo, Panama.
09°33’N – 79°39’W
22h30 heure locale
Nous sommes, comme convenu, à minuit dans la première écluse de Gatun.
Un cargo nous y accompagne. A la descente, les eaux restent calmes
contrairement aux écluses montantes. Les trois écluses se succèdent.
Ainsi, il n’est pas nécessaire de couper le cordon qui nous relie à nos « liners » à terre, ils nous suivent en marchant. Revenu au niveau de la
mer, la dernière porte s’ouvre sur les eaux de la Caraïbe. Nous
mouillons à 2h00 devant Colon pour prendre quelques heure de repos. Au
réveil nous décidons de rallier Porto Belo à une vingtaine de milles de
là. Le vent est contraire, c’est une étape idéale pour l’amarinage, la
distance est courte. Nous y mouillons peu après le coucher du soleil.
L’abri est parfait. Cette journée de navigation avec du vent établi était délicieuse. |
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3 Janvier 2009
(heure de bord = TU - 5)
Gatun, Lac Gatun, Panama
09°15’N – 79°54’W
22h00 heure locale
A 10h00, nous entrons dans la première écluse, le pilote est à bord
depuis le départ de la Playita, il y a une heure. L’énorme porte se
referme sur les eaux du Pacifique. De puissants remous commencent à
apparaître, le niveau monte rapidement dans l’écluse de Miraflores. En
quelques minutes, nous montons de 9 mètres. Ainsi, trois écluses
consécutives, nous permettent de monter à 27 mètres d’altitude et
d’accéder à la tranchée Gaillard qui mène au lac Gatun. Nous naviguons
en eau douce, le lac fait de nombreux méandres. De loin en loin des îles
accueillantes donnent envie de s’y arrêter un instant mais nous
continuons la route et restons dans le chenal balisé. Partout la forêt
équatoriale nous entoure. A 16h00 nous arrivons à proximité des écluses
de Gatun qui nous permettront de redescendre vers la mer des Caraïbes.
Nous mouillons quelques heures en attendant le prochain pilote attendu à
23h30 pour achever le passage. Nous profitons de cette halte pour piquer
une tête dans les eaux du lac. Quel bonheur de prendre un bain d’eau
douce ! |
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