Expedition Around North America

Journal de bord
Etape 13 :
Acapulco (Mexique) - Panama
(14 - 27 décembre 2008 )

Expedition Around North America
Editorial d'Olivier Pitras
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Etape 13
Acapulco (Mexique) - Panama
(14 - 27 décembre 2008 )

27 décembre 2008 (heure de bord = TU - 5)
Balboa, Panama, 08°54’N – 079°31’W
22h00 heure locale

La journée démarre tôt. Nous profitons des heures où la chaleur n’est pas encore écrasante. En fin de matinée, nous appareillons vers l’entrée du canal. Au loin, les gratte-ciel de Panama City se découpent sur le gris des nuages. Nous zigzaguons entre les cargos.
En arrivant, nous remarquons que les voiliers en attente sont nombreux, nous n’avons pas d’autre choix que de mouiller juste au début du chenal entre les îles Culebra, Perico et Flamenco. Ces trois îles minuscules sont désormais reliées entre elles et à la côte par une route. L’ensemble constitue une baie relativement bien protégée. Nous débarquons dans les meilleurs délais au ponton de «Playita de Amador » pour effectuer nos formalités d’entrée au Panama.

Nous avons fait 14 123 milles (26 155 kms) et 13 étapes pour atteindre les portes du canal depuis Tromsø.

Ont participé à cette étape :
En haut de gauche à droite : Michelle Bishai (U.S.A), Monica Larizza (Italie), Marie Rose Lefevre (France), Pierre Charles Gueroult (France), David Lindsey (Canada), Olivier Pitras (France)
En bas de gauche à droite : Vincent Berthet (France), Laurent Ceresoli (France), Giulio Ceresoli, notre petit mousse (France), Jaqualine Roussin (Canada).


Equipage Acapulco - Panama - Vincent Berthet

Equipage Acapulco - Panama
Photo Vincent Berthet
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26 décembre 2008 (heure de bord = TU - 6)
Ile Taboga, 08°47’N – 079°32’W
23h00 heure locale

Nous sommes surpris de ne pas voir de trafic ou très peu, nous progressons lentement vers le nord, les vents sont contraires. En milieu d’après midi, plusieurs cargos apparaissent filant au sud en rang serré. Nous restons à distance. Dans l’ouest l’île Otoque nous renseigne sur la visibilité, elle n’est pas très bonne contrairement aux apparences. Nous décidons de relâcher sur l’île Taboga pour une arrivée de nuit.
Les courants de marée sont forts et nous voulons accéder au chenal menant à la zone du canal de jour. En approche, le phare de l’île Tarapa confirme que nous sommes sur la bonne voie. Derrière l’île Taboga, le halo des lumières de Panama City occupe une vaste portion du ciel donnant une idée sur la dimension de la capitale panaméenne. En arrivant, de nombreux bateaux sont au mouillage, nous trouvons au radar l’espace nécessaire pour jeter l’ancre. Il est 22h10. L ‘entrée du canal est à 10 milles (18 kms).


Cargo  - Vincent Berthet

Cargo
Photo Vincent Berthet
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25 décembre 2008 (heure de bord = TU - 6)
Golf de Panama, 07°25’N – 079°27’W
23h25 heure locale

Nous restons toujours à l’écart de la côte pour ne pas tomber dans les courants contraires. La brise se maintient grâce à une dépression tropicale qui sévit non loin au large des côtes colombiennes. Une faiblesse sur l’écoute de yankee nous oblige à grimper dans le gréement.
Le milieu de journée, nous trouve dans le Sud-est de «Punta Mala » qui marque l’entrée du Golfe de Panama, il est temps pour nous de faire du Nord, nous sommes par 06°47’N, se sera le point le plus sud atteint durant le périple. Ce changement de route le jour de Noël est symbolique et ouvre un nouveau volet, celui du retour prochain en Atlantique.
Au moment ou nous mettons le cap au Nord, le GPS indique précisément 14000 milles parcourus depuis Tromsø. La nuit est orageuse, au loin les éclairs déchirent les ténèbres.


Réparation écoute de yankee   - Vincent Berthet

Réparation écoute de yankee
Photo Vincent Berthet
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24 décembre 2008 (heure de bord = TU - 6)
Côtes panaméennes, 06°51’N – 080°44’W
23h55 heure locale

Une brise régulière de Nord-ouest nous honore de sa présence et reste stable toute la journée. C’est un cadeau appréciable car nous n’avons rien eu de réellement établi depuis le golfe de Fonseca.
Nous célébrons Noël dans le cockpit, au grand air. Gâteaux, fruits, guirlandes, musique, cadeaux pour notre petit mousse Giulio, tout y est sauf la neige et le sapin, le tout à 7 nœuds sans devoir s’occuper de quoi que se soit.
Nous avons reçu de nombreux messages nous souhaitant un Joyeux Noël. Mille mercis à tous, nous vous souhaitons d’excellentes fêtes de fin d’année.


Réveilon de Noël  - Monica Larizza

Réveilon de Noël
Photo Monica Larizza
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23 décembre 2008 (heure de bord = TU - 6)
Côtes panaméennes, 07°23’N – 083°19’W
22h15 heure locale

Le jour se lève sur un ciel gris, chargé de cumulus. De loin en loin, des grains abaissent leur rideau de pluie jusqu’aux eaux du Pacifique. Les premières gouttes sont attendues avec impatience. Le pont a besoin d’un bon dessalage et l’équipage prendrait bien une douche naturelle mais la pluie ne vient pas. Quelques gouttes tout au plus. Juste de quoi se ruer pour fermer les capots et ré ouvrir immédiatement. Dans l’après midi, le ciel se dégage, il faudra attendre encore un peu pour la douche tropicale.
En début de soirée, nous entrons en eaux panaméennes, les discussions à propos du canal sont de plus en plus régulières.


Grain - Vincent Berthet

Grain
Photo Vincent Berthet
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22 décembre 2008 (heure de bord = TU - 6)
Côtes costaricaines, 08°41’N – 085°20’W
22h50 heure locale

L’option au large est payante, nous ne ressentons plus les effets du courant. En revanche, nous sommes de nouveau dans des vents variables nous obligeant à de nombreuses manœuvres. Notre route se construit en filigrane. Les journées se succèdent toutes plus chaudes les unes que les autres. De gros nuages gorgés d’humidité apparaissent de plus en plus.
Quand aurons-nous notre première pluie tropicale ? Les paris sont ouverts. Désormais la Croix du Sud nous sert de jalon en fin de nuit.


Chaud devant - Vincent Berthet

Chaud devant
Photo Vincent Berthet
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21 décembre 2008 (heure de bord = TU - 6)
Côtes costaricaines, 10°04’N – 086°12’W
23h55 heure locale

Au sud du Golfe Fonseca, dans la région des lacs Managua et Nicaragua, s’ouvre une large plaine qui s’étend à l’est jusqu’aux eaux Caraïbes. Nous trouvons au large de cette plaine un vent de nord-est bien établi que nous gardons toute la journée. Malgré une voilure considérablement réduite, nous progressons à bonne vitesse. La mer, couverte de moutons, est belle, puissante sans toutefois être agressive. En approche du « Cabo Velas » notre vitesse diminue bien que le vent soit toujours stable. Nous rencontrons un fort courant contraire que nous n’attendions
pas aussi violent à cette époque de l’année. Nous changeons notre route en conséquence et gagnons plus au large où le courant devrait être moins fort.


Au large du Nicaragua - Vincent Berthet

Au large du Nicaragua
Photo Vincent Berthet
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20 décembre 2008 (heure de bord = TU - 6)
Côtes du Nicaragua, 11°32’N – 87°45’W
23h00 heure locale

Nous naviguons en moyenne à 60 milles de la côte (110 kms) et nous ne sommes jamais seuls. Ces eaux grouillent de vie, c’est formidable. Oiseaux, poissons, cétacés, tortues, il y a toujours de l’activité.
En milieu de journée, une perche surplombée d’un drapeau attire notre attention, probablement un filet ou un « long line». Nous décidons de rester à distance de ces équipements. A peine avons-nous passé cette première bouée qu’une autre apparaît au loin, puis une autre et encore une autre. Cet alignement de bouée correspond approximativement à notre route. Nous pouvons ainsi le suivre par curiosité sans contrarier notre avance. Ce petit jeu dure deux heures, chaque fois que nous arrivons sur une bouée nous en découvrons une autre et ceci pendant 10 milles (18 kms). Combien de temps encore ces eaux resteront-elles poissonneuses ?
De nombreux dauphins nous accompagnent. L’équipage ne se lasse pas du spectacle. La nuit est désormais sombre. C’est un plaisir de barrer aux étoiles. La constellation d’Orion nous sert de jalon pour les premières heures de la nuit.


Observation de dauphins - Vincent Berthet

Observation de dauphins
Photo Vincent Berthet
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19 décembre 2008 (heure de bord = TU - 6)
Côtes du Salvador, 12°40’N – 89°16’W
23h40 heure locale

Ce souffle régulier venant des Caraïbes n’est pas pour nous déplaire. Voilà maintenant des semaines que nous progressons dans des masses d’air calme, générant des vents non établis. Nous savons que cela ne va pas durer, nous en profitons donc pleinement. En fin de matinée, nous ne faisons plus la route, il faut tirer des bords. La mer est plate, la navigation agréable malgré le vent qui devient franchement contraire.
A 40 milles (75 kms) au nord, s’étirent désormais les côtes du Salvador. Dans l’est Nord-est s’ouvre le golfe de Fonseca, seule ouverture de l’Honduras sur l’Océan Pacifique. C’est à partir de là que nous ferons du Sud-est pour suivre les côtes du Nicaragua.


Fou - Vincent Berthet

Fou
Photo Vincent Berthet
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18 décembre 2008 (heure de bord = TU - 6)
Côtes Guatémaltèques, 13°31’N – 091°03’W
22h30 heure locale

Nous quittons les eaux Mexicaines au lever du soleil. Cela ne fait pas une grande différence car nous ne voyons pas la côte, seulement les nuages qui s’y développent. Il n’y a quasiment pas de trafic non plus. Toutefois, dans la matinée, nous apercevons un canot à moteur d’une dizaine de mètres lancé à toute allure vers le large. Nous pensons qu’il s’agit d’un bateau de pêche au gros car les marlins sont nombreux par ici. Nous en voyons régulièrement sauter. Le corps effilé et le rostre en épée ne trompent pas.
En milieu d’après midi, nous profitons d’un calme plat pour piquer une tête directement dans les eaux du Pacifique. Cette petite récréation rafraîchissante dure jusqu’au coucher du soleil. Entre temps, la brise se lève. Faible au début, elle devient rapidement assez puissante pour nous permettre de filer à 9 nœuds sur la route.
C’est ainsi que nous abordons les premières heures sombres de la nuit.


Baignade - Vincent Berthet

Baignade
Photo Vincent Berthet
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17 décembre 2008 (heure de bord = TU - 6)
Côtes Mexicaines,
14°13’N – 092°51’W
23h55 heure locale

Ce souffle providentiel tient décidément plus longtemps que nous l’espérions, ce n’est pas pour nous déplaire. La mer reste relativement calme malgré quelques vagues qui parfois s’invitent sur le pont. Cela nous oblige à tenir les capots fermés, de ce point de vue là, c’est moins comique. Il règne à l’intérieur une chaleur moite qui rend le sommeil difficile.
En milieu de journée le vent diminue et les capots s’ouvrent au fur et à mesure que la mer s’assagit. A quelques mètres du bateau, une dizaine de dauphins nous offrent une séance de sauts de toute beauté. Un peu plus tard, juste avant le coucher de soleil, nous traversons une zone envahit de petites méduses au point d’obliger une équipière à interrompre momentanément sa douche.
Le soleil disparaît sur un ciel limpide et la lune arrive bien tard désormais. Cet intervalle de temps nous offre le loisir de pouvoir observer l’immensité de la voûte céleste en détail. La mer est de nouveau calme. Avant la fin de la nuit, nous entrerons en eaux guatémaltèques.


Dauphins  - Vincent Berthet

Dauphins
Photo Vincent Berthet
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16 décembre 2008 (heure de bord = TU - 6)
Golfe de Tehuantepec, Mexique,
14°57’N – 095°04’W
23h00 heure locale

Après le cap « Blanca Roca » la côte s’incurve vers l’est nord-est pour former la baie de Tehuantepec. C’est à cet endroit que nous nous éloignons de la côte pour traverser la baie. Le vent peut y souffler avec une violence inattendue pour la région. En effet, le nord de la baie est marquée par une plaine dans laquelle s’engouffre le vent venant du golfe du Mexique, en passant entre les montagnes il s’accélère et balaye sauvagement les eaux du Pacifique. En ce qui nous concerne, la météo est calme, nous pouvons démarrer, nous sommes plutôt à sa recherche.
Enfin, en milieu de journée, un train annonciateur de vagues courtes et abruptes arrive du nord. Bientôt, nous voguons à bonne allure en direction du Guatemala. Ce changement brusque des conditions de navigation, perturbent momentanément quelques estomacs mais tout rentre très vite dans l’ordre. La lune se lève rousse et complète le tableau d’une belle soirée en mer.


Lever de soleil  - Vincent Berthet

Lever de soleil
Photo Vincent Berthet
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15 décembre 2008 (heure de bord = TU - 6)
Côtes mexicaines, 15°41’N – 097°21’W
22h30 heure locale

Comme chaque matin depuis que nous sommes au Mexique, le soleil se lève dans un ciel sans nuage. La mer est calme. Nous restons collés à la côte pour profiter des brises thermiques. Plus au large, le vent est faible. Après chaque manœuvre nous nous empressons de remettre la bâche qui nous protège de la morsure du soleil. La plage arrière s’est transformée en salle de bain. C’est là que nous prenons la douche sans restriction. Nous tirons notre eau du plus grand réservoir de la planète. A la fin, un demi-litre d’eau douce suffit pour se dessaler. Notre alimentation est désormais plus légère, à base de fruits et de légumes pour les premiers jours.
Le petit Giulio prend de long bain dans sa baignoire, à l’ombre, sous l’œil attentif de Laurent ou de Monica. Pour le coucher de soleil, tout l’équipage est réuni dans le cockpit. Le regard tendu, chacun attend le rayon vert qui se montre parfois au moment ou le soleil disparaît à l’horizon. La lune arrive chaque jour un peu plus tard. Nous pouvons, en l’attendant, profiter de l’immensité de la voûte céleste.


Quart de nuit - Vincent Berthet

Quart de nuit
Photo Vincent Berthet
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14 décembre 2008 (heure de bord = TU - 6)
Côtes mexicaines, 16°24’N – 099°12’W
23h55 heure locale

Nous voilà de nouveau en mer après une semaine riche en rencontres. Nous avons pu échanger et aborder notre thématique « Changement climatique et tourisme » avec diverses organisations municipales, gouvernementales et privées, avoir des présentations auprès d’étudiants et communiquer largement notre message par voie de presse. Cette semaine à Acapulco fut un succès. Nous allons rédiger un compte rendu de l’étape que nous mettrons dès que possible en ligne.
Nous avons choisi comme photo du jour celle du clown écologiste qui parcourt bénévolement les écoles pour sensibiliser les enfants au tri des poubelles et au respect de l’environnement en général.
Pour l’heure, nous voguons paisiblement vers l’est sud-est en logeant la côte. La lune, encore ronde, illumine notre univers de nouveau horizontal.


Chanson écologique - Roberto Oliva Garcia

Chanson écologique
Photo Roberto Oliva Garcia
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