9 novembre 2008
(heure de bord = TU - 8)
Saint Francis Yacht Club, San Francisco, Californie.
23h20 heure locale
Les prévisions se confirment. Les calmes sont bien là, c’est le prix qu’il faut payer pour passer à travers l’anticyclone. Un épais brouillard nous enferme dans notre huis-clos. L’ambiance à bord est au beau fixe. Un Pélican passe dans notre champ restreint de visibilité, suivi de la visite de quelques marsouins de Dall et de baleines à bosse. Décidément, la zone est bien fréquentée car la visibilité est inférieure à ½ Mille (900 mètres). Nous sommes à une quinzaine de milles de la côte seulement, juste sur la remontée du plateau continental. Ces zones sont en général riches en faune car le plancton y est abondant. Finalement, dimanche matin, le vent de nord se lève, la visibilité s’ouvre. Nous sommes désormais sur le versant sud de l’anticyclone. Nous progressons de nouveau à bonne allure et sommes même contraints à réduire sensiblement notre vitesse car nous sommes attendus à 14h00 précise sous le Golden Gate. Sur la balise qui marque le sud de Duxbury Point, des phoques se prélassent et nous regardent passer sans broncher.
La mer est grosse et brise sur « Potatoshoal ». Nous approchons de la Baie par « Bonita Channel ». Enfin, après avoir dégagé ‘Bonita Point » le Golden Gate apparaît. Nous entrons en Baie de San Francisco au portant. Quelques bateaux sont venus nous accueillir. Une corne de brume retentit au moment où nous franchissons le Golden Gate. L’île d’Alcatraz dans l’étrave nous sert de guide avant d’obliquer vers le sud et entrer au San Francis Yacht Club où nous sommes accueillis pendant notre séjour à San Francisco.
Nous achevons ainsi la 11ème étape de l’expédition après 10591 milles parcourus depuis Tromsø ;
Ont participé à cette étape :
En haut, de gauche à droite :Frédérique Wellner (France)
Monica Larizza (Italie),
Le petit Giulio Ceresoli (Franco-Italien),
Laurent Ceresoli (France),
Marie Rose Lefevre (France),
Jacqueline Pellet (France),
Vincent Berthet (France)
En bas, de gauche à droite :Olivier Pitras (France),
Vonne Blanchet (France),
Alan Peyaud (France),
Pascal Guillot (France)
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7 novembre 2008
(heure de bord = TU - 7)
Pacifique Nord,
39°15’N – 124°31’W
23h55 heure locale
Nous entrons au cœur d’un anticyclone. La nuit est splendide, la mer belle, le vent faible, tout est paisible. Au petit matin, loin dans l’est, les premiers reliefs des côtes sont visibles à 50 milles (92 kilomètres) par le travers. Les chaudes couleurs du soleil levant envahissent en un instant le ciel. La journée promet d’être belle, calme mais belle. Il faudra réduire d’un cran nos ambitions en terme de route. Nous ne sommes pas en retard, tout est donc en ordre. Ce petit temps correspond précisément au passage du 40éme parallèle.
Au fil des heures, chacun part fouiller dans son sac et remonte sur le pont en short. C’est une première dans l’expédition. Le thermomètre indique 16°C mais au soleil, il fait meilleur. La journée se passe ainsi, sans événements majeurs. Tout l’équipage profite du beau temps. Il y a 36 heures, nous étions encore à la cape, ce contraste là permet de jouir davantage des conditions qui nous sont offertes. Le programme qui nous attend à San Francisco est chargé. La météo clémente nous permet de travailler sur les aspects logistiques des escales à venir.
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6 novembre 2008
(heure de bord = TU - 7)
Pacifique Nord,
40°29’N – 125°57’W
23h10 heure locale
Deux heures de cape suffisent à laisser passer ce violent front chaud. Nous reprenons la route vers le sud. Tout est uniformément gris. A midi, tout l’équipage porte un toast et célèbre l’élection d’Obama. Au fil des heures, la mer s’assagit et nous naviguons bientôt confortablement et à bonne allure vers San Francisco. Il bruine. Sur nos têtes, une dense chape de plomb nous isole du reste de l’univers. La nuit est d’encre. Nous nous rapprochons désormais doucement de la côte, le Golden Gate est à 230 milles nautiques (425 kms). Dans notre est, le cap Mendocino marque l’endroit où la côte s’esquive davantage vers le sud-est. En fin de soirée, le ciel s’éclaircit et nous pouvons profiter de la lune déjà haute. L’équipier de barre peut se laisser guider par les étoiles.
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5 novembre 2008
(heure de bord = TU - 7)
Pacifique Nord,
43°22’N – 128°W
10h30 heure locale
Cette brise providentielle de nord-ouest tient jusqu’au mardi soir. Nous marchons vite et confortablement vers le sud pour conserver une distance de sécurité à la côte. Les grains sont assez violents, nous gardons volontairement une voilure intermédiaire pour encaisser les caprices du vent. Nous sommes seuls au monde, aucune lumière, aucun bateau, aucun signe de vie à l’exception de quelques albatros qui viennent troubler notre isolement. Dans la soirée le vent tourne au sud, annonçant l’arrivée du prochain coup de chien. Nous mettons cap au large et attendons, réduisant progressivement la voilure au fur et à mesure qu’Eole se déchaîne. Au plus fort, nous décidons de mettre à la cape pour attendre la fin de la bourrasque. Cela ne devrait pas être long. Après la manœuvre, un coup d’œil sur les e-mails nous apprend que les grands électeurs sont en train de voter en masse pour Obama. L’équipage au complet s’en réjouit. Rien n’est encore fait mais si la tendance se confirme, nous devrions arriver dans quelques jours dans un San Francisco en fête. Dès que le vent tourne, nous reprenons la route.
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3 novembre 2008
(heure de bord = TU - 7)
Pacifique Nord,
46°36’N – 126°54’W
19h20 heure locale
La sortie du détroit de Juan de Fuca coïncide avec l’aube. Le vent est au sud, la mer forte et surtout confuse. Plusieurs trains de houle viennent troubler la surface des flots et nous remuent inconfortablement. Les estomacs sont mis à dure épreuve et les quarts s’organisent sensiblement en dehors de la grille prévue en eaux calmes. La journée et une partie de la nuit se passent ainsi à tirer des bords contre vent et courant. Enfin une brise de nord-ouest nous permet de gagner dans le sud. Bientôt, elle devient forte et nous pousse à bonne allure vers notre destination. Désormais l’équipage est de nouveau au complet, nous pouvons reprendre le rythme des quarts. Nous longeons les côtes inhospitalières du Washington et de l’Oregon à 130 milles (240 kilomètres) au large.
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Samedi 1er
novembre 2008
Détroit Juan de Fuca
48°16’N – 123°50’W
23h25 heure locale
Vendredi, 17h00, nous quittons Vancouver après une journée
passée en fignolages techniques. Bientôt seul le puissant
halo lumineux de la ville nous indique sa présence. Quelques
feux d’artifices sont tirés depuis la côte pour Halloween.
Le temps est calme. Dans l’étrave, Orion nous ouvre le
chemin. Au loin, sur bâbord, les avions dansent la farandole urbaine.
En milieu de nuit, nous franchissons «Active Pass» entre
les îles Galiano et Mayne. Le courant est avec nous, il peut être
violent dans cette passe étroite. Une heure plus tard, nous mouillons à l’entrée
de « Lyall Harbor » sur l’île Saturna pour le
reste de la nuit.
En reprenant la route au matin, nous atteignons rapidement
les eaux américaines et relâchons à «Friday
Harbor» pour y faire notre entrée officielle aux U.S.A.
Quand nous repartons, le vent souffle violemment du Sud-Est.
Heureusement notre route s’incurve vers l’Ouest au fur et à mesure
que nous entrons dans le détroit «Juan de Fuca».
Nous profitons pour quelques instants encore du calme des canaux
intérieurs.
Dans quelques heures, nous serons de nouveau exposés aux caprices
de l’Océan Pacifique.
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