31 mai 2008, 21h00
TU (heure de bord = TU)
Port de Reykjavik
"Southern Star" est amarré depuis
ce matin sur le quai d'honneur du vieux port de Reykjavik. Notre arrivée
coincide avec la fête de la mer et des festivités en tout
genre reliées à la mer auront lieu tout le week-end. Cet événement
tombe à point nommé, les visiteurs curieux de savoir quelle
est notre histoire sont nombreux.
Pour revenir à notre étape de la nuit dernière,
les vents étaient portant mais trop faibles pour appuyer les
voiles. La houle quant à elle était bien formée
et nous avons du prendre notre mal en patience devant des voiles qui
claquaient furieusement.
Nous avons occupé le reste de la journée à prendre
nos repères et établir le programme de la semaine qui
s'avère bien chargé en ce qui concerne les rencontres
liées à notre enquète de terrain sur le changement
climatique. |
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30 mai 2008, 20h50 TU
(heure de bord = TU)
64°56'N - 023°49'W
Nous voilà en route vers Reykjavik depuis une demi-heure, sous la
pluie. C'est la première pluie depuis notre
départ de Tromsø. En revanche, nous devrions avoir des vents portant
jusqu'à destination. Ce matin, de bonne
heure, nous sommes partis pour une expédition sur les flancs du volcan
SnæfellsjÖkull dans l'espoir de pouvoir
profiter du superbe panorama qu'offre le sommet. A 1446 mètres
d'altitude, le volcan occupe la pointe de la
péninsule Snæfellsnes. Les coulées de lave s'étalent en immenses champs
jusqu'à la mer. Au départ, le ciel était
dégagé et promettait une belle ascension sur le glacier malgré les gros
cumulus qui se trouvaient à l'horizon.
Rapidement, nous avons vite compris que le coup d'œil du sommet ne
serait pas pour nous. Nous avons atteint le
bord du cratère à 1410 mètres sans plus de visibilité et avons retrouvé
une vue à 500 mètres. Bref, nous
n'avons rien vu. Le tour du volcan en bus était quant à lui de toute
beauté. |
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29 mai 2008, 20h55 TU
/ Escale à Olafsvik
La navigation s'est déroulée dans de calmes conditions malgré une énorme
houle de sud ouest. A l'approche des pointes, des centaines de
guillemots de troll barbotaient nonchalamment. A notre passage, les plus
proches plongeaient tandis que les autres s'aidant de leurs ailes comme
de pagaies mettaient quelques mètres entre eux et Southern Star. Il était midi quand nous sommes entrés dans le port de Olafsvik. Quelques
instants plus tard, Knut, en mettant le pied à terre, eu l'impression
que le quai bougeait. Ce n'est que plus tard dans l'après midi que nous
apprenions qu'un tremblement de terre de 6,2 sur l'échelle de Richter
avait sévi dans la région de Reykjavik occasionnant seulement des dégâts
matériels. Olafsvik est un village de pêche, il y a une quinzaine de
bateaux. Depuis notre arrivée, tout le village a probablement défilé en
voitures sur le quai pour venir observer de plus près "le voilier". Les
gens sont discrets et s'arrêtent à peine. Toutefois quand nous leur
adressons un bonjour, les visages s'illuminent et nous renvoient un
sourire amical. |
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28 mai 2008, 20h40 TU
/ 65°44'N - 023°17'W
Nous sommes arrivés ce matin à 7 heures local (L'Islande est en TU, nous
avons deux heures de moins que la
France) devant les chutes de Dynjandi après avoir parcouru 200 milles
depuis Husavik. Le fjord, bordé de hauts
plateaux, était parfaitement calme. La chute principale dévale sur plus
de 100 mètres en s'ouvrant en éventail
et continue dans une succession de petites marches jusqu'aux eaux du
fjord. Le site est de toute beauté, chaque
parcelle de terrain mérite que l'on s'y attarde et invite à la
contemplation. Le bruit de l'eau en furie est
omniprésent. Nous y avons passé l'après midi. C'était une
bonne coupure qui nous a permis de nous
dégourdir les jambes. Nous venons de repartir vers Olafsvik distant de
90 nautiques. Le village est au pied du
volcan qui a inspiré Jules Verne pour son "voyage au centre de la
terre". Olafsvik sera notre dernier arrêt
avant Reykjavik. |
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27 mai 2008, 22h00 TU
/ 66°15'N - 023°33' W
Les vents contraires que nous avions depuis notre départ de Husavik sont
subitement tombés en approche de la péninsule Nord-Ouest de l'Islande.
La région est composée de fjords qui pénètrent profondément dans le
relief. Il n'y a pas d'arbres. Les falaises abruptes font face au
détroit du Danemark vers le nord et aux lueurs de minuit. C'est là, que
nichent de nombreux oiseaux. Nous avons croisé des quantités de
guillemots de Brunnich. Le bateau se retrouvant à plat, les objets
redeviennent dociles et permettent de reprendre des activités normales.
Nous naviguerons cette nuit et devrions arriver à notre prochaine escale
au petit matin. Nous avons aperçu un gros cétacé que nous n'avons pas pu
identifier. |
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26 mai 2008, 19h00 TU
/ 66°05' N - 017°32' W
Nous venons juste de quitter Husavik pour faire route sur les fjords sud
de la péninsule Nord-Ouest de
l'Islande. D'après les prévisions l'étape devrait se faire avec des
vents contraires. Dans la journée, nous
avons rencontré quelques acteurs environnementaux locaux qui se sont
prêtés au jeu de la caméra pour répondre à
nos questions. Rencontre avec la cétologue acousticienne Marianne
Rasmussen du centre de recherche de Husavik,
rencontre avec Elke, la directrice du musée de la baleine. Pour l'heure,
le vent est calme et nous passons
devant une île où nichent des milliers de macareux. Malheureusement un
petit problème sur le moteur du dinghy
nous empêche de pouvoir y débarquer. |
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25 mai 2008, 19h15 TU
/ 66°02'N - 017°20'8 W
Escale à Husavik. Journée bricolage, le temps clément et ensoleillé nous a permis de
coller en partie les logos de nos partenaires sur la coque et la bôme.
L'équipe de tournage, invitée par les responsables de "North Sailing"
qui organise des sorties de whale watching, est allée faire des images
de baleines dans la baie. Ils ont pu observer une baleine de Minke et
une baleine à bosse. Demain nous reprenons notre route vers l'ouest. |
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24 mai 2008, 23h30 TU
/ 66°02'N - 017°20'8 W
Escale à Husavik. Notre première journée islandaise a été richement remplie. Nous sommes
partis dans la région du lac Myvatn
célèbre pour ses fumerolles, ses marmites bouillonnantes et ses dépôts de
souffre. Le lac Myvatn se trouve à
soixante kilomètres de Husavik. La route qui y mène serpente dans
d'immenses champs de lave donnant à
l'ensemble des allures de paysages lunaires. Dès la sortie du village
nous avons pu constater l'engagement des
Islandais vis à vis de leur environnement. Adultes et enfants, munis de
sacs poubelle, arpentaient les plages
et les alentours pour ramasser les quelques papiers ou plastiques que le
vent avait déposé là. Une Islandaise,
plus tard dans la journée, nous a confirmé que c'était monnaie courante.
Le nettoyage des alentours du village
est une activité que pratique chaque école. En arrivant dans la région
du lac, notre souhait le plus cher était
de découvrir toutes traces d'activités volcaniques et nous nous sommes
naturellement dirigés vers les plus
hautes colonnes de fumée. En arrivant sur place, nous y avons découvert
des installations industrielles. En
effet, les Islandais se servent de cette ressource naturelle comme énergie. Les vapeurs sont captées pour faire
tourner des turbines et produire de l'électricité, ou pour le chauffage.
Cette énergie géothermique est un
privilège que les Islandais ont su exploiter tout en laissant des zones
vierges de toute activité industrielle
pour le plaisir des touristes. |
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23 mai 2008, 20h50 TU
/ 67°08'N - 012°14'W
Le temps toujours au grand beau nous a permis de profiter totalement de
notre atterrissage en Islande. Les premiers reliefs de la côte Nord-Est
ont déchiré l'horizon à 9h00 ce matin et nous nous sommes amarrés à
couple d'un pêcheur à 20h00. Entre temps, la brise, la mer, le
ciel, les oiseaux marins (fous, pétrels fulmars, macareux) et les
cétacés (quatre observations) semblaient s'être donnés le mot pour
clôturer en beauté cette première étape de l'expédition. Les montagnes
sont encore couvertes de neige au-dessus de cent mètres d'altitude.
Husavik est un petit village de pêcheurs, les maisons colorées en bois
et les chevelures blondes ne manquent pas de nous rappeler la Norvège
que nous avons quitté il y a cinq jours à peine. L'accueil que nous ont
réservé les Islandais est exemplaire.
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22 mai 2008, 20h50 TU
/ 67°08'N - 012°14'W
Grand beau temps aujourd'hui, la journée a commencé par l'observation de trois cétacés que nous n'avons malheureusement pas pu identifier. Le vent venant un peu plus de côté que les journées précédentes, nous avons pu essayer notre nouvelle grand voile qui est superbe. Sa mise en place
a été laborieuse car nous n'avions pas eu le temps avant le départ d'ajuster tous les cordages qui servent à la manœuvrer. Nous le savions, c'est l'essentiel, s'il fallait attendre d'être 100% prêt pour
appareiller, le départ lui-même pourrait être remis en cause. Laurent est allé également faire le singe sur l'écoute de yankee qui avait ragué dans la mâchoire de tangon trop agressive. En milieu d'après midi, une nappe de brouillard a refermé notre horizon au point de mettre le radar pour la veille bien que nous n'ayons vu aucun bateau depuis le départ. Nous sommes loin des grandes routes maritimes. Pour l'heure, nous continuons notre chemin dans la purée de pois à 7 nœuds sur la route.
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21 mai 2008, 19h15 TU
/ 67°58'N - 005°56' W
Ce quatrième jour nous voit entrer de plain-pied dans nos missions respectives concernant l'expédition. Jusqu'à présent chacun était à la recherche de ses propres marques mais aujourd'hui, la météo clémente aidant, les photographes photographient, les caméramen filment, les écrivains écrivent et l'équipe de cuisine met les petits plats dans les grands. Nous envisageons d'atterrir au Nord - Est de l'Islande, à Usavik. Les îlots de la côte Nord de l'Islande comptent à cette époque des centaines de milliers de macareux et leurs eaux sont réputées pour leur abondance en baleines.
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20 mai 2008, 21h45 TU
/ 69°47'N - 000°38'W
Le point marquant de la journée est le passage du méridien de Greenwich qui jalonne notre route vers « la terre de glace ». Tout le monde à bord a repris des couleurs. Deux Lagénorynques (proche du dauphin) sont venus jouer devant l'étrave quelques instants. Pour le reste, la météo nous permet de tirer des plans sur la comète concernant notre escale islandaise.
Journée paisible.
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19 mai 2008, 18h35 TU
/ 69°55'N - 009°00' E
"Southern Star" glisse à 8 nœuds sur le 70ème parallèle en route vers l'ouest. Chacun prend ces marques à bord. La mer de Norvège, fidèle à elle-même, déploie une houle courte et abrupte qui a raison de quelques estomacs en cours d'amarinage. Service minimum donc aujourd'hui. Heureusement, le vent vient de l'arrière et les manœuvres sont peu fréquentes. Ce sont des conditions idéales pour démarrer. Nous apprécions beaucoup le fait qu'il ne fasse pas nuit, c'est plus facile en équipage réduit. Des pétrels fulmars nous accompagnent et s'en donnent à cœur joie, planant sur les vagues sans le moindre battement d'aile. Notre petit mousse, Giulio, 8 mois se porte à merveille et n'est affecté en rien par les mouvements du bateau.
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18 mai 2008, 20h30 TU
/ 69°42'N - 016°50' E
La nuit dernière a répondu à nos attentes, nous avons pu récupérer un
peu. C'est en tout début d'après midi que nous avons pris la route vers
l'Islande. Nous étions, durant les premières heures, encore abrités, au
cœur des fjords. Progressivement, en approchant de la sortie, la houle
du large s'est fait sentir, de plus en plus présente, de plus en plus
grosse. Désormais, les côtes norvégiennes ne sont plus qu'une fine
dentelle bleutée à l'horizon alors que nous filons à 9 nœuds (1 nœud =
1,852 KM) en route directe vers notre destination. L'équipage supporte
plutôt bien ces premiers milles à l'ouvert et les estomacs restent bien
accrochés. |
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17 mai 2008, 21h40 TU
/ 69°32' N - 018°43' E
Ca y est, nous sommes partis. Les premiers milles de l'expédition « Around North America » sont franchis. L'appareillage a eu lieu dans une chaleureuse ambiance de fête nationale, pourtant quelques grains de neige ont posé sur le décor une froide blancheur.
Temps gris et froid donc. Pour notre part, nous n'avons fait que 8 milles pour cette première étape. La fatigue accumulée ces derniers jours et depuis des mois de préparation nous a incité à relâcher pour faire une vraie nuit, loin du tumulte. Des boufs musqués nous ont accueillis à l'arrivée au mouillage. Demain nous prenons la direction de l'Islande. |
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